Nous sommes en 2001, Ol' Kainry, 22 ans, est encore peu connu dans le milieu du rap français, il fait pourtant partie du groupe Agression Verbale. Mais c'est en solo qu'il va percer. En effet, après avoir lancé Disiz la Peste, le label Nouvelle Donne dévoile le Lp du MC du 91. Son style nettement influencé par le hip hop américain avec des artistes comme Raekwon, fait de « Au dela des Apparences » un album complet de part les divers sujets traités, ainsi que par son phrasé particulier.
« Qui Veut » ; la production de Sulee B. Wax, qu'on ne présente plus dans le rap FR, colle parfaitement au flow d'Ol Kainry. Le beat rapide l'oblige à prendre un ton puissant et agressif, cette track est un pur egotrip de sa part (« j'viens bousiller votre rap francais… ») histoire d'annoncer dès le début la couleur de l'album.
« Mon Adrénaline » ; cette track raconte tout simplement ce qui pousse son adrénaline, à faire ce qu'il fait. Que ce soit pour ces fans, ceux qui l'apprécient dans le premier couplet, de ses ennemis, des jaloux dans le deuxième, ou bien de ces amis les plus proches qui le motivent quotidiennement dans le dernier couplet. La prod de Maleko, calme, sous fond de violon et de piano permet de mieux ressentir ce qui boost Ol' Kainry.
« Frédéric » ; De nombreuses personnes peuvent se reconnaître à travers les sentiments de Frédéric que décrit Ol Kainry ici: à savoir subir les engueulades journalières de ses parents qui sont sur le point de divorcer. Ce thème rarement emprunté dans la rap n'est pas autobiographique, mais vient plutôt d'une personne qu'il côtoyait étant jeune, et qui lui racontait tous les déboires qu'il menait avec ses parents. La mélodie est assez rythmique mais est surtout marquée par un sample de flûte qui retranscrit le triste sentiment qu'a ce garcon dans une situation pareille.
« Lady » Feat. Jango Jack ; On change d'atmosphère pour une mélodie beaucoup plus joyeuse, festive sous des airs asiatique, en compagnie de son poto Jango Jack (avec qui il formera plus tard le groupe Factor X). Ici le thème est bien évidemment les demoiselles, mais plus exactement à savoir comment serait la femme de leur rêve, même s'il ne fait que de la description physique.
« Unité » ; Ce morceau raconte l'une des causes qui font que certains jeunes des quartiers n'avancent pas ; à savoir la mentalité négative, leurs a prioris, leurs préjugés qui règnent dans leur tête. Il en résulte qu'il en appelle à ce que les jeunes prennent conscience qu'il vaille mieux que chacun se sert les coudes, d'ou le titre unité. Le refrain au couleur de l'afrique semble être ici pour calmer les esprits.
« Smatch ça feat Buckshot » ; Cette combinaison avec ce membre de Black Moon s'est faite un peu au hasard des choses, puisqu'une connaissance les a contacté alors que Buckshot et son crew était en festival a Paris (ce qui n'empêche pas que ce morceau reste parmis les meilleurs de l'album). Les lyrics sont purement egotrip, et le flow respectif des deux rappeurs est à leurs meilleurs level. Buckshot n'a pas pris ce featuring à la légère puisqu'il lache un excellent couplet bien technique sur une prod ravageuse qui stimule la puissance de ce morceau. Ol kainry qui est en parfaite osmose avec son partenaire montre ici qu'il peut être capable de jouer sur tout les tableaux, même avec les plus grands.
« Tinquiète pas » ; c'est toujours sous fond de piano que les sentiments ressortent le mieux, et c'est de nouveau le cas ici pour décrire les relations père/ fils, plus exactement entre les jeunes nés en France et les pères nés sur une terre étrangère ; ici cela semble nettement autobiographique, ou plus exactement il fait une sorte de Mea Culpa, car il est vrai que ces relations-là, sont souvent confuses de part une vision des choses différentes selon la génération.
« Bobby » ; A la première écoute de ce morceau on se demande de qui il parle exactement, et en réecoutant on s'aperçoit effectivement qu'il raconte bel et bien la vie de son phallus. La prod assez simpliste dans l'ensemble, ne semble pas vraiment être faite pour du rap, mais à la longue on s'y fait ; thème à la con, prod surprenante. Bref celui qui parle de sa queue comme son meilleur pote, qui lui donne même un nom nous délivre une track plus qu'originale à double sens.
« Milieu Carcéral » ; Le carillon de l'église sonne, des tam tam résonnent en crescendo, voilà l'ambiance est installé tel un Western Spaghetti de Sergio Leone où les deux rivaux seraient Ol Kainry et la Justice. Il y dénonce la facheuse tendance qu'ont certains juges, policiers ou autres à foutre un malin plaisir les jeunes en prison, et voudrait qu'ils prennent conscience des difficultés qui existent pour certains de ces jeunes de quartiers, de relativiser mais surtout de comprendre certaines choses au lieu de sanctionner les yeux bandés. Excellente track.
« African Princess » ; De mon point de vue, c'est sans doute la moins bonne chanson de l'album, mais sans doute qu'à l'égard d'Ol Kainry (vu qu'elle est personnelle) ce doit être une de ces préférés. Il y déclare son amour pour sa fille, les difficultés qu'il a eu d'avoir une fille a 20 ans. La prod est assez soulante et trop rébarbative.
« Pulsions Meurtrières Feat. Lino » ; On passe à un autre niveau, beaucoup plus Hardcore que les précédentes chansons. Ce featuring avec Lino du groupe Arsenik, habitué des collaborations lourdes, est puissant. Le beat dans un tempo accéléré, démontrant bien la rage qu'on les deux comparses derrière le micro à faire péter l'instru. Ecriture, technique, bon flow, tout est présent dans ce morceau.
« Pourquoi j'ai tiré » ; Cette chanson traite du fait de réagir sur une pulsion, une action que l'on vient de faire sans réfléchir avant d'agir. Avec une bonne prod, notamment soutenue par une boucle de synthé et des samples d'extrait de film ; cette track fait simplement la morale du fait qu'il faut réfléchir avant d'agir.
« Qui veut (Remix) Feat :Busta Flex, Passi, Lino, Le Rat Luciano » ; Ce remix dirty du premier morceau de l'album est une collaboration avec quelques uns des meilleurs kickers du rap francais. La prod reste identique, le refrain ne bouge pas également. Seuls les couplets sont menés par des flows différents mais tous aussi hargneux les uns que les autres, sauf pour celui du Rat Luciano qui pose tranquillement, mais efficacement.
« L'engrenage » ; C'était le premier extrait de cet opus, le morceau qui la fait découvrir, qui était présent sur son EP « En Attendant » ; la moralité reste la même que dans le morceau « pourquoi j'ai tiré », à savoir un message aux jeunes pour qu'ils réfléchissent avant d'agir car ils pourraient s'en mordre les doigts, et d'éviter d'écouter les mauvaises langues pour ne pas dérouter mais plutôt d'écouter sa conscience. La prod reste magnifique avec en fond de refrain une voix de femme qui chante comme si elle exprimait sa tristesse.
« Miaou Feat : Jango Jack » ; Et c'est reparti pour une collaboration avec Jango qui s'occupe du refrain, pour une track de nouveau dans l'ambiance boîte de nuit, fête, soirée VIP, avec une prod comme pourrait le faire les Neptunes à savoir assez futuriste et particuliére.
« We Did It ! ! »Ce morceau était également présent sur la B.O des Yamakasi faite par le BOSS, vous vous rappelez ? Ce film avec des jeunes qui sautent de toit en toit !






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