Le retour de l'inquisiteur
Temps de guerre dans le Hip Hop, une guerre discrète, à la manière d'une guerre froide. Je parle bien entendu de la bataille entre The Source VS Eminem. Une occasion pour le co-fondateur du magasine Benzino de sortir un disque dont le buzz a été bâti sur son combat contre ce qu'il appelle « la machine ». En fait, il a mis à dos pratiquement tout Interscope dont le triangle infernal Shady/ G Unit/ Aftermath fait parti. En route pour la croisade et la quête de l'impossible avec ‘Arch Nemesis'. Pour l'instant, en termes de coups bas, il est à égalité face à celui qu'il considère comme le Hitler de rap dans les chaussures de Vanilla Ice. Attention, le « messie » de pacotille va parler en tentant de pendre le mal à la Source (sic).
Tout d'abord, on peut d'ores et déjà considérer ce disque comme une réponse envers Eminem. Sans quoi sortir un album sans ces éléments auraient été inutiles et sans but pour ce tétu de Benzino dans le rôle d'ange de l'apocalypse défendant les perfidies du rap business. Attention, ceci n'est pas pour défendre le rappeur blanc qui a tenté en vain pourtant de calmer le jeu par ses propres moyens (avec "Like Toy Soldiers" et "Yellow Brick Road"). Les intentions premières de Raymond sont honorables mais cela fait déjà un moment que beaucoup de gens commencent à lâcher l'affaire concernant ce clash de plus en plus épuisant. La moitié des Made Men a d'avance beaucoup à perdre en sortant un album sans réel concept, mis à part bien sûr le fait d'avoir son mot à dire, même s'il l'ouvre déjà assez. "Look Into My Eyes" plagie la suite de "Like Toy Soldiers" d'Eminem, où le clip montre un proche d'Em sur un lit d'hôpital et dont on devine implicitement que Benzino en est le responsable. (Même chose pour le freestyle "Built For This" qui reste une critique plus ouverte envers Slim Shady, bref c'est que du règlement de compte personnel, bête et méchant.) Des morceaux qui n'ont d'intérêts que de satisfaire les haters de la tête décolorée.
Dans la série de ceux qui souhaiteraient mériter l'appropriation de la légitimité de 2Pac, Benzino s'arrache aussi le morceau puisqu'il avait critiqué Eminem notamment pour avoir salopé ‘(un)Loyal To The Game' (ce qui n'est pas faux pour autant). Donc tout ça pour dire que « le black jesus » rejoint ‘Zino d'outre tombe sur "Trying to Make It Through". La présence de ScarFace aussi n'a que pour but de rééquilibrer la crédibilité de ce disque. Pour le reste, ‘Arch Nemesis' sonne comme un disque dans la moyenne de ce qu'il se fait en ce moment, c'est-à-dire de (bons) instrumentaux eastcoasts parfois à samples de voix pitchées, des bangers (dont "Bottles'n Up" signé Scott Storch), du crunk ("Dat's How We Goes" feat Lil Jon), vieux funk ("World Famous") bref… une sorte mélange de morceaux factices et trop hétérogènes palliant la médiocrité du flow et des lyrics de Benzino. Autant Eminem fait du pop/rap, Benzino essaie de faire du rap tout public mais quand on a pas le talent… Et tant pis la comparaison tombe souvent, que demande le peuple ?
‘Arch Nemesis' est un semblant d'album. Même si quelques fidèles suivront Benzino et apprécieront ce disque (ce qui est tout même concevable), l'histoire se répète à la manière de celle du Christ. En gros il risque de se faire lyncher sur le chemin de la croix avant de se faire clouer le bec une bonne fois pour toutes. Lassant…






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