En direct du 93…
« Là où personne n'est vierge comme nos casiers judiciaires ,…, là où les montagnes de coke viennent droit de Colombie, là où les zombies sont plus présent qu'en Haïti. »
Encore inconnu il y a quelques années, Tandem s'est réellement fait un nom en apparaissant en 2000 sur la compile Mission Suicide, puis a enchaîné multiples apparitions sur divers projets, pour enfin sortir en 2001 chez Première Classe un EP « Ceux qui le savent l'écoutent », s'en est suivi la Tape « Tandématique Modèle » et ce premier album tant attendu.
Leur style est le rap Hardcore, de plus en plus présent dans le paysage du rap français mais trop souvent mal représenté, Mac Tyer et Mac Kregor le maîtrisent parfaitement et font leur entrée fracassante sur un 93 Hardcore percutant, peignant le portrait de la banlieue, dont le clip a été interdit de diffusion, mettant l'ancien hymne d' NTM, Seine Saint Denis Style de côté, avec des phrases chocs comme « J'baiserai la France jusqu'à ce qu'elle m'aime » traduire : je ferais ma place quoi qu'il arrive.
Sans doute influencé par leurs aînés d'NTM dans leurs textes provocateurs, Tandem sait aussi apporter une touche d'émotion, nous plonger dans une ambiance sombre, en rajoutant une profondeur à leur écriture en supplément de leurs flows tranchants, c'est le cas notamment sur « J'ai trop de Cœur » ou sur « Le Monde est Stone », déballant une analyse de la déchéance du monde d'aujourd'hui.
Ils savent également innover en scénarisant trois morceaux de l'album, « Un jour comme un autre », « Frères Ennemis », « Le Jugement », en racontant le procès d'un jeune condamné d'avance par l'opinion publique, et dont les rôles des divers intervenants sont distribués à plusieurs artistes; on retrouve par exemple Diam's en juge, Faf la Rage en Procureur et Kery James en avocat. Au final le concept est original et donne un résultat plutôt positif.
L'album se clôture comme il avait commencé c'est à dire par un morceau violent, « Vécu de Poissard » rythmé au son froid de l'orgue.
Les textes crus de Tandem peuvent ne pas être cautionnés par l'unanimité, cependant il faut en souligner leur intelligence, leur bonne vision en exprimant sans taboo les problèmes de la société, de plus qu'ils ne privilégient parfois pas la rime alors qu'ils n'en reste pas moins très efficace.
Malgré quelques titres peu envoûtant, il en ressort un album qu'on aimerait voir plus souvent dans les bacs, le tout mené par des productions excellentes de Jo Le Balafré, Tyran, Tefa et Masta.
« C'est toujours pour ceux qui savent » est sans nul doute la meilleure sortie rap français de ce début d'année 2005, et promet un bon avenir au groupe.






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