Il est des noms qui circulent dans l'underground qui, dès qu'on les prononce, font frémir d'envie vos petites oreilles de b-boys et b-girls. Madlib est de ceux-là. Le prolifique producteur de Lootpack, est un génie de la MPC, un dieu du sampler, un broyeur de sons, un compositeur insolite et dérangé. Après ses productions ô combien novatrices pour Wildchild, De la soul ou MF Doom (Madvillainy, c'est lui !), ses projets jazzy avec les Yesterday's New Quintet, et les remix du légendaire catalogue Blue Note, le secret le mieux caché de la côte ouest livre la seconde partie des divagations de son alter ego fou, Quasimoto, faisant ainsi suite à The Unseen paru en 2000.
Avec une voix gonflée à l'hélium, Quasimoto est un Villain comme MF Doom, un personnage malchanceux, misogyne, un looser mais débrouillard et sympathique. Quas possède un flow off-beat, décalé et sec, qui est le parfait reflet de son humour forcément noir qui n'a d'égal que sa passion pour la weed et les filles. Ce second volet des aventures de Quasimoto se découpe en 26 chapitres qui forment le périple de notre anti-héros dans sa ville de Lost Gates. Un voyage rythmé par les trajets en bus (le monstrueux « Bus Ride ») et les arrêts au bar (« Bartender say »), qui sont autant d'épisodes comiques dans une vie autrement plus sombre. Quas croisent sur sa route son acolyte des Madvillain MF Doom (« Closer ») et son compère de label Med, qui brille sur « The explosive », prélude à son album prévu fin mai.
Le trip est aussi sonore, car jamais auparavant Madlib n'avait construit un album aussi diversifié, aussi fou et cohérent. Samples de soul, de jazz, de pop 80's, et même de bossa nova sont broyés, concassés, amalgamés, digérés et recrachés pour aboutir à un son que personne ne peut imiter. Du chaotique « Raw deal » au bondissant « Greenery », Madlib propose une palette musicale à 1000 lieux des synthés de Lil Jon… Ici, le son est organique, les instruments foisonnent, les mélodies scintillent, le vinyle craque, et des extraits de vieux films ou séries des années 50 ponctuent certains morceaux. On notera d'ailleurs l'omniprésence de dialogues de Melvin Van Peebles, le premier grand réalisateur
noir contestataire.
Bizarre ? oui. Déconcertant ? peut-être. Génial ? Evidemment. Cet album ne se raconte pas. Il s'écoute et se vit !
Chronique de samouraï






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