Date de sortie: Mai 1992
Label: Chrysalis
On ne présente plus Gangstarr, groupe mythique de l'age d'or du Hip-hop, formé par DJ Premier et Guru. Si l'album précédent, "Step Into The Arena" en 1991, avait permis au duo de confirmer leurs énormes ‘skills', c'est qu'en 1992 avec ce 3e album qu'ils réalisèrent leur premier vrai chef d'œuvre. L'album présente ainsi la parfaite symbiose entre les deux éléments essentiels du groupe :
Tout d'abord ‘la forme', l'aspect musical, avec les beats d'un Primo en grande forme (qui produit entièrement l'album) aussi bien au niveau des créations que des scratches, reflétant les éternelles influences jazzy du groupe ; quelques illustrations suffisent : l'excellent « The Place Where We Dwell » (la track la plus surprenante sur le plan musical), « Ex Girl To The Next Girl », « No Shame In My Game » ou encore les petites interludes. L'album est ainsi très plaisant à écouter dans son intégralité, il est difficile de zapper une track. Puis ‘le fond' : un Guru au flow généralement très posé, et aux textes dont la couleur est plus ou moins annoncé par la couverture de l'album : un style conscient, réfléchit, et surtout bien écrit !
Après une dédicace à Brooklyn sur « The Place Where We Dwell », il remet en place les MC's de seconde zone et certaines attitudes présentent dans le Hip-hop dans « Flip the Script » ; et si ces derniers contestent et veulent se mesurer au Guru, les « Take It Personal » ou encore « Hardcore Composer » les calmeront net ! Mais Guru reste avant tout fidèle à sa conception du rap et des rappeurs : selon lui, les rappeurs se doivent être des messagers, quel que soit le message. si par exemple « Too Deep » prend des allures d'ego-trip au premier couplet, les versets suivant sont bien plus profonds, exposant toute la philosophie du son auteur…
Il faut ensuite avouer que peu de rappeurs peuvent se permettre un titre comme le très bon et très agréable « No Shame in My Game » (vous comprendrez pourquoi en l'entendant…). Guru a toujours été vrai, mais c'est également un rappeur engagé. Cet aspect se retrouve sur un bon nombre de passages de l'album, mais certains morceaux sont entièrement destinés pour, tel « Illest brother » (morceau sur lequel il est le plus en forme), ou encore « Conspiracy », dans lequel Guru tel un prophète évoquait et prévoyait déjà dans le dernier couplet une conspiration autour du Hip Hop menant à la corruption de cette dernière…
Certains morceaux / messages sont adressés à un destinataire particulier : on évoque ainsi le très sympathique « Ex Girl To The Next Girl » et surtout « Siloquy of Chaos », une track intéressante dans laquelle il arbore (et condamne) les violences qui se sont produites lors d'un de ces concerts - avant d'adresser une petite conclusion dans les derniers vers aux fouteurs de troubles : « This can happen often and it's really fucked up / So I'll ask you to your face homeboy what's up / Did you come to see my show or the stupid nigger playoffs / Killing
you and killing me it's the soliloquy of chaos… » . Une autre particularité de l'album est la première apparition de rappeurs du « Gangstarr foundation » sur « I'm the Man » : Jeru The Damaja et Lil Dap (du futur Group Home) sont les premiers à briller…
En définitive, ‘Daily operation' est un album aussi bien complet sur l'aspect musical que sur les textes délivrés, aux sujet variés (Gangstarr pense même aux amateurs d'herbe sur le « Take Two And Pass », lui aussi très agréable à écouter…). S'il n'est peut-être pas considérer comme un classique, il est à classer sans aucun doute parmi le top 3 des albums du Groupe !
Chronique reupdatée de The SadiXXX corrigée par Sagittarius






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