Même pour les plus incultes en matière de sons West, le nom de Spice 1 doit forcément vous dire quelque chose. Originaire d'Hayward, petite ville au sud d'Oalkand, Spice n'en est pas à son premier coup d'essai. On peut même dire qu'il fait figure de "fossile" dans le rap game californien. L'intéressé a plus d'une quinzaine d'albums à son palmarès, et près de 17 ans d'expériences dans les studios.
Ok, me diriez vous, mais pourquoi, ne passe t-il pas en boucle sur nos radios ? Je vous répondrai en vous sortant mon principal argument (qui marche souvent) selon lequel les artistes West sont très/trop souvent "boycotés". Mais une autre explication peut aussi être avancée. Malgré le talent indéniable du bonhomme, Spice 1 n'a pas sorti que des bijoux. Le meilleur exemple, reste son dernier opus sorti il y a à peine une poignée de mois, 'Dyin' 2 Ball'. Afin de ne pas perdre le peu de lecteurs qui liront cette chronique, on va vite passer sur cet album. 'Dyin' 2 Ball' est comment dire... fort dispensable. Pour plus d'informations, il vous reste toujours la possibilité de lire (sans se moquer) la chronique de ce CD en appuyant sur le lien hypertexte..
Mais revenons à nos moutons. Spice 1 refait à nouveau parler de lui, en sortant 'The Truth'. Cet énième album avait pour mission de faire oublier, répétons-le, le TRES moyen 'Dyin' 2 Ball'. Alors qu'en est-il réellement ?
Après une rapide intro (assez enfumée) pour se mettre en condition, dont le but est de nous rappeler le nom de son CD ("The Truth" pour ceux qui ne l'ont toujours pas compris) et naturellement d'introduire le premier morceau: "No Real Gz". Comme lors de son dernier opus, Spice entame sa première chansonnette avec une petite pensée à son ami 2pac, (et à quelques grandes gloires de la scènes West, The DOC, Dr Dre, Ice Cube etc...) et nous rappelle (comme cela était le cas dans l'intro) qu'il n' y a pas de véritables gangstas. Vous noterez que ce titre fera l'objet d'un remix, en fin d'album, sur lequel apparaitront le rappeur de Vallejo, E-40, et un proche voisin de Spice 1, en la personne de Too Short (représentant de la ville d'Oakland). Spice, qui a laissé à J Silva le soin de produire entièrement les 16 tracks de l'album, se décide à passer aux choses sérieuses sur le morceau suivant. "Money Thang" est la réunion assez efficace de Jayo Felony (originaire de San Diego, Californie), du membre du Dogg Pound Gangsta, Kurupt et bien sûr de Spice 1. Sur un thème autant usé qu'une paire d'And1 sur un playground californien, les trois compèrent s'en tirent plutôt bien, ce qui plaira à leur leurs fans respetifs. Convaincant. "Thug Music", permettra surtout de voir que Spice n'a rien perdu de son flow, et qu'il est toujours capable de le moduler à sa guise. Attachez vos ceintures, et oubliez la trottinette Twista (pendant 2 minutes 41).
Sautant l'honnorable "This Is Bizness" dont le titre est assez explicite, pour nous focaliser sur le morceau "Keep Ballin". Aidé par une prod réalisée de mains de maître par J Silva, Spice1 nous pond LE titre de l'album. Outre continuer à faire du fric (traduction du titre), le MC californien s'arme de son meilleur flow pour surprendre une nouvelle fois l'auditeur sur un morceau "égo-trip", et enfin faire ce qu'on attend de lui: à savoir justifier son statut (d'ancienne ?) de "star" de la West. Outre Kurupt, Jayo Felony qui ont répondu favorablement à l'invitation de Spice, Yukmouth et C Bo viennent mettre leur grain de sel sur le titre "Ridin To Us".
Parmis les tracks de ce CD, toutes aussi réussies, on pourra apprécier la chanson "Everybody Wanna Go To Heaven". Posant sur une nouvelle très bonne prod de J Silva, Spice pointe du doigt un fait assez paradoxal qui méritera que vous vous penchiez sur les lyrics dans leur ensemble, malgré le fait que les premiers mots soient assez éclairants: "Everybody wanna go to heaven/ but nobody wanna die" (trad.:"Tout le monde veut aller au paradis/ mais personne ne veut mourrir"). Suite au morceau "Get High", dont le titre ne nécessitera pas une traduction, la track "Heart Break Hotel" apparaitra comme un petit moment de détente. Un peu lover sur les bords, notre ami californien ? Le rappeur continue sur la tendance avec un petit banger à l'intention de la gente féminime, "Pop That". Bah, il faut bien un peu secouer son cul de temps en temps. Y a pas que les "drive by", les gangs, les guns, et la weed ( la "Thug Life", en résumé) dans la vie...
Bon passons sur le morceau "What You Workin With ?", pour revenir à quelques choses de plus conventionnel de la part de Spice 1. Avant d'achever son album , grâce au remix de "No Real G'z", sur lequel je ne m'avancerai pas à dire s'il est mieux ou non que la version originale, Spice n'oublie pas de faire un petit clin d'oeil à l'ensemble des haters, sur le titre, assez évocatoire, "Dear Haters".
L'heure du bilan est arrivée. Petit récapitulatif. On a eu droit à quelques productions bien travaillées de Mr J Silva ("Keep Ballin"), ainsi qu'à de bonnes prestations solo de la part de Spice 1 ("Thug Music"). Les invités ont su dans l'ensemble répondre aux attentes, et faire la part de travail qui leur était destinée ("Money Thang"). A l'inverse, on notera la difficulté de l'intéressé à se recycler dans les thèmes abordés. Certaines prods un peu "lover" (limite R'n sur lequel Spice balance son flow toujours assez bien huilé, peuvent embarrasser les quelques fans de la première heure (ceux qui ont encore la foi à son égard, malgrè certains albums "artistiquement hasardeux").
"The Truth" n'est pas exactement une surprise dans le sens, où on connaissait déja le talent de l'artiste. Toutefois, cet album réussira presque à faire oublier, pour les moins rancuniers, le pâle "Dyin' 2 Ball". Les nouveaux apprécieront...
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