On avait laissé Warren G sur un classique G Funk en 1994. Trois ans plus tard, le "G Child" refaisait parler de lui en sortant son second album solo: "Take a look over your shoulder". Après la claque (musicale) reçue avec son "G Funk Era", on s'interrogeait sur la qualité de ce nouvel opus. Est ce que Warren allait nous ressortir un second classique consécutif ?
Première remarque évidente lorsqu'on retourne le CD, c'est le nombre de tracks. Certains avaient reproché au précédent album de Warren G, en dépit de sa qualité, sa faible durée. En l'espèce, "Take a look over your shoulder", dont “l'executive producer” n'est autre que Warren G, est composé de 18 chansons (17 pour la version française).
Passée l'intro, le premier morceau ("Annie Mae") pourrait faire penser à une chanson d'amour à la sauce G Funk. Mais cette fois, plus axée sur le coté "Gangsta" que Funk. La raison ? Ecoutez attentivement les lyrics et vous comprendrez. Vous relèverez d'ailleurs les alusions (répétées) au morceau "Ain't No Fun", sur "Doggystyle" qui avait réuni sur le même morceau Snoop Dogg, Nate Dogg, Warren G et Kurupt. Comme lors de "G Funk Era", la première track est une énième collaboration entre Warren G et son pote le crooner Nate Dogg, qui enchainent alternativement les couplets. "Regardez derrière votre épaule", et vous repenserez à "Regulate"... A noter la voix samplée de Snoop sur le refrain. Un Dogg pouvant en cachez un autre... Bon, j'en vois certains qui s'en frottent les mains de plaisir. Cette première track, vous a rappelé de nombreux souvenirs.
"Smokin' me out" est un des singles phares de l'album. Ron Isley assure le refrain à la manière d'un Nate Dogg, tandis que Warren gâte son auditeur. Du pur plaisir, qui ne lasse pas, et ceux même après plusieurs dizaines d'écoutes. Entre deux interludes, dont l'une met en scène Eazy Dick dans la peau d'un révérand, Warren G nous décrit sa vision de la "Reality". Dès lors, on ne peu qu'adérer à cette thèse. Les morceaux "Young Fun" et "What we go throught" (track ayant aussi fait l'objet d'un clip) permettent sutout de découvrir de nombreux artistes West au cotés de Warren G: Jayo Felony, Knee- Hi, Bad Ass, Perfec... Les prods, sans être mauvaises, n'ont rien d'exceptionnelles en comparaison à ceux que peut faire Warren. "We brings Heat", permet de réentendre Jah Skills ( que certains ont pu découvrir sur "G Funk Era") et Knee Hi, accompagnées de Wayniac ou Trip Locc. Le niveau est réhaussé.
Sur la track suivante, "Can you feel it", le G Child, en solo, reprend les choses en mains. Le petit refrain chanté par Five Footaz ajouté à un Warren toujours aussi inspiré redonne le sourire à l'auditeur. La tendance ne fait que se confirmer sur "Transformers", dont le genre de production, se rapproche davantage à ceux que Warren G nous avait habitué. A cela s'ajoute un flow toujours aussi bon, et des lyrics assez personnel (notament dans le second couplet).
Le titre "Relax ya mind" est le genre de chanson dont on ne peut que rester subjugué devant tant de qualité. Une nouvelle fois, l'auteur essaye de faire un effort sur les paroles. Son aisance artistique derrière le micro, et derrière la table de mixage est toujours aussi impressionnante. On croirait presque que Warren G n'est meilleur que lorsqu'il s'agit de jouer le coup en solo (où à la rigueur avec l'aide d'une personne au refrain)... L'auditeur ne peut que se laisser bercer par une si belle mélodie. Après une nouvelle collaboration entre Mr Malik et le "G Child" ("To All DJ's") dont l'intro est exécutée par le Dj le plus connu de l'Ouest, Dj EaZy Dick, Warren G laisse ses deux compères, P-C et K-9 jouaient avec leur flow respectif, tandis qu'il assure la prod du morceau "Back up".
Les deux dernières chansons de l'album méritent qu'on s'y attarde un peu plus longtemps. La track "What's Love Got to Do With It" est un fait un morceau de la BO de "Supercop" (avec le "sympa" J.Chan). Au même titre que "Smokin' me out" il s'agit d'un des gros tubes de Warren G. Les refrains chantés par Adina Howard ne font qu'embellir les trois excellents couplets de Warren. Ce dernier en profite d'ailleur pour dénoncer les mauvais cotés du "Rap Game" et de manière générale, sa vision du "jeu". "'Cause back before '92 and '93, You didn't give a damn about Warren G / But now that I'm slingin' platinum LP's, All of a sudden, you on my N.U.T's.".("Car avant 1992 et 1993, tu n'avais rien à foutre de Warren G, mais maintenat que je sors des LP platinium, tu es soudainement en train de sucer mes boules"). Ou de manière tout aussi explicite, il termine son morceau en disant: "90% business, 10% show. Ain't no love in this game, 'cause it's all about the dough." ("90% de business, 10% de spectacle. Je n'ai pas d'amour pour ce jeu, car tout est basé sur le pognon"). Vous l'aurez compris , le G Child n'y va pas par quatre chemins.
"I Shot The Sheriff" est une reprise d'un ancien morceau de Bob Marley. Les lyrics de Warren reflétent bien le clip réalisé, où il joue le rôle d'un gars poursuivit pour un acte qu'il n'a pas fait. Malchance me direz vous, pour ce jeune homme assez éloigné des clichés traditionnels du Gangsta Rap. Pour la énième fois, l'intéressé se débrouille parfaitement bien en solo derrière le micro. Avec son flow si "fluide", le G Child narre une nouvelle bavure policière, auquelle la jeunesse noire était si souvent confrontée en ce milieu d'année 90...
Au final, cet album est un cran au dessous de son précédent opus, mais Warren G peut se vanter d'avoir rendu une copie tout à fait honnorable. Quantitativement plus étoffé que "G Funk Era", "Take A Look Over Your Shoulder" n'en demeure pas moins un très bon CD. Malheureusement, Warren G aura péché, de temps en temps, au niveau des prods. Les productions du demi frère de Dr Dre tendant parfois à s'éloigner de ce qui avait fait son succès en 1994, à savoir les sonorités G Funk. Ponctué de gros hits, "Take A Look Over Your Shoulder" ravira toutefois plus d'un auditeur.
EtranG, the G Funk Disciple






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