Ce double-CD ‘No More Prisons', intégrant les deux volumes déjà sortis, est une initiative que l'on doit au label indé Raptivism Records, destinée à sensibiliser les juniors comme les séniors. Le message est le suivant: la prison n'est pas un passage obligé. Une goutte d'eau dans l'océan me direz-vous certes mais une lutte qui a commencé en 2000 visant à convaincre les consciences des populations défavorisées de se défaire de ce qu'ils appellent ‘Complexe Industriel Carcéral' (Prison Industrial Complex). Avec comme thème donc le milieu pénitencier et autres injustices, cette compilation de deux heures de Hip Hop n'a pas des fins purement politiques mais sert principalement à faire passer le mot. Un point de vue intéressant comparé aux faux rappeurs qui vantent leur séjour carcéral pour faire beau sur leur CV et vendre quelques centaines de milliers de galettes supplémentaires.
Parmi les nombreux invités, on retrouve des activistes, des habitués de la zonzon, des rappeurs conscients ou pas, des chanteurs, des descendants des esclaves issus des Etats pauvres du Sud : Dead Prez, Zion I, Saigon, Krumbsnatcha, The Coup, Hurricane G, Last Emperor, David Banner pour la touche sudiste (sur le virulent « Judas Factor »), etc… Une réunion de personnalités au milieu d'une foule de MC inconnus mais non moins doués. Globalement, les propos ne prônent nullement la violence même si certaines rimes s'en prennent directement aux forces de l'ordre et à défaut, le gouvernement US. Récits de vécu, d'anecdotes, de morceaux de réalité, une bonne façon de narrer, militer, débattre et disserter par le rap. Et en chansons aussi, avec Vinia Mojica qui apporte une touche neosoul sur « Evolution ».
Le premier volume recèle de bons morceaux (« Murda Box », « No More Prisons », « Behind Enemy Lines ») mais c'est surtout le second volume qui concentre les tueries entre quelques versions remixées. Tellement concentré que le sublime « Letter To Omnipotent » de Saigon dure à peine deux minutes. On peut citer aussi « Locked », « California Mindstate » et « Rich Get Rich » de Edo G et Lil Dap. Voilà, sachez aussi qu'un pourcentage des royalties sera reversé à l'association ‘Prison Moratorium Project'.






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