- La réputation de Georges Clinton n'est plus à faire dans le "rap game", pourtant ce personnage emblématique de la musique n'est pas un rappeur. -
Ce chanteur, musicien, producteur est l'inventeur du P Funk (Pure funk ou Psychedelic funk) mélangeant des mélodies soul/ funk à du rock psychédélique, le tout remplis de délires/imageries assez... spatiales (les covers de l'album illustrant parfaitement mes propos). C'est grâce à ses feats avec les rappeurs de la "côte Ouest" et Dirty South généralement (Daz Dillinger, Ice Cube, 2Pac, Outkast, Blackalicious...) et à ses nombreuses chansons samplées par les plus grands (Dr Dre, Snoop Dogg, De La Soul...) dans les années 90 que ce Monsieur s'est forgé cette réputation de génie de la musique (n'ayons pas peur des mots). Toutefois ce musicien ne se limite pas qu'au rap. Ses influences se comprennent avec ses collaborations avec des artistes tels qu'Anthony Kiedis et Flea des Red Hot Chili Peppers, Bill Laswell, Herbie Hancock, Bootsy Collins (un musicien P Funk) et l'illustre Prince, son ami de toujours.
Aujourd' hui ce grand musicien à la discographie incomparable revient avec un double album intitulé ‘How Late Do U Want 2BB4UR Absent / George Clinton Presents P Funk All Stars'.
‘How Late Do U Want 2BB4UR Absent' est un double album regroupant 24 titres (12 sur chaque CD) produit par George Clinton, qui a profité de l'occasion pour réunir quelqu'uns de ses proches: ses groupes Parliament et Funkadelic, le P Funk All Stars bien sûr, Prince etc... Bref que du lourd !
L'ambiance générale de cet album est assez "laid back", "smooth". Le funk au sens premier du terme laissant souvent la place à de la Soul/R'n'B made by Clinton assaisonné de coups de guitare assez dévasteur à l'image du terrible "Inhale Slow" voire dans un délire plus poussé "Viagravation". L'auditeur se déléctera des magnifique voix féminine de Kendra Foster ("U Can Depend On Me") et de Belita Woods sur les très langoureux "Saddest Day" ou sur la version Live de "More Than Words Can Say" réunissant aussi Parliament et Funkadelic.
Sur scène G. Clinton est un autre homme. Ses longs concerts doivent être au moins vus un fois dans sa vie tant l'énergie qu'il dégage est impressionnante. L'auteur de cet album tente ici de nous le (re)faire ressentir par l'intermédiaire de titres comme "Butt-a-Butt" ou "Something Stank" qui mettront la péche lors des réveils difficiles.
Pour l'anecdote sachez que le lien entre G.Clinton et Prince est très fort. Outre le fait que ces deux chanteurs ont souvent travaillé ensemble (à l'image de "The Cinderella theory" -1989- contenant un morceau avec Chuck D et Flavor Flav de Public Enemy) et que Prince effaça l'ardoise (s'élevant à 1 500 000 de dollars) de son ami. "Le maitre du P Funk" a été à une certaine période signé sur le label de Prince, Paisley Park. C'est donc tout naturellement qu'on les retrouve sur un des titres de l'album: "Paradigm".
Ce qui fait la force de G.Clinton c'est sûrement sa capacité à pouvoir toucher de nombreux styles musicaux: rock, soul, RnB, blues tout y passent. Dans un registre complétement différent le très country "Whole Lotta Shakin" des P Funk All Stars et Bobby Womack prendra à contre pied l'auditeur qui aura découvert l'espace de cet double album tout ce que la diversité américaine peut engendrer en terme de styles musicaux. L'excellent "U Aint' Runnin Shit" sera l'occasion d'écouter les prestations de Que Bo Gold, Kool Ace Jazze Pha, Little Blunt. On peut sans conteste dire qu'il s'agit là du morceau le plus "rap" de ce long album.
"Long" car il est rare de voir des morceaux de moins de 4 minutes 30. "I Can Dance" allant jusqu'à 15 minutes 22, c'est dire... Au final on se retrouve avec un double album de près de 2h30 de plaisir. Qui s'en plaindra ? D'autant plus que la qualité est omniprésente.
Un voyage spatial sur la planéte d'un extraterrestre de la Musique...






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