Alors qu'ils avaient créé la sensation en 2002 en rejoignant les rangs du ROC, les deux compères Billy Danze et Lil'Fame n'ont connu sous cette bannière préstigieuse que les lenteurs d'un gros label, et les aléas d'une signature visiblement loin d'avoir été approuvée à l'unanmité parmi les big men de la maison. Entre projets repoussés et pénombre médiatique, les deux M.O.P ont tout de même eu le temps (beaucoup de temps) pour accoucher de quelques bonnes tracks qui ont fait le bonheur des mixtapes DJ's de la Grosse Pomme et d'ailleurs. Entre "Put it in the air" (qu'on retrouve sur cet album), et "Ground Zero", ils étaient parvenus à faire gonfler le buzz et s'en sont allés du Roc avec quelques morceaux sous le bras, histoire de voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Nouveau coup d'éclat avec leur intégration au crew de Fifty Cent ces derniers mois, jet de poudre aux yeux avant lequel ils avaient fait un passage par la case "impasse" (Koch) pour y sortir ce Salute the St.Marxmen, album hybride, mélange de leur Ghetto Warfare avorté et de quelques tracks enregistrées pour l'occasion.
Parmi les titres qu'on retiendra de cet opus fourre tout, le featuring de luxe avec Jigga sur "Put it in the air", qui comme son nom ne saurait l'indiquer, nous prouve que M.O.P colle toujours férocement au bitume. Sur un beat old school dépouillé composé par les deux brailleurs eux-mêmes (diablement inspirés sur ce coup), le trio d'un jour nous offre un bel aperçu de ce qu'aurait pu donner une collaboration plus poussée entre le groupe de Brownsville et leur ancien (patron de) label. Au rayon des titres réussis, relevons également le "Hip Hop Cops", aux influences reggae sensibles (Wyclef en featuring, oblige), ou le bon "Muddy Waters" qui démontre que sur un beat langoureux agrémenté d'un sample soyeux, Billy Danze et Lil'Fame restent capables de faire valoir leur terrible énérgie. Bons points également distribués à "Pop Shot remix" (produit par DJ Premier) qu'ils partagent avec le défunt Ol'Dirty Bastard (un temps surprise du chef Dame Dash, lui aussi), ou ce furieux "Big Boy Game" sur lequel on retrouve les M.O.P qu'on avait laissé avec Warriorz (et dont il existe une version avec Fifty Cent).
Bien ficelé pour un projet sans doute programmé au hasard d'une entente éphémère avec Koch, ce Salute the St Marxmen laisse tout de même transparaître quelques tracks bouclées à la va vite, et ajoutées tout aussi hâtivement à la tracklist finale. On pense notamment à "Party Like a Rockstar", qui ne boulverse pas malgré une ambiance qui convient généralement bien aux deux compères. Des titres comme "Hard to tell" (ft. Foxx et INF) laissent eux aussi perplexe tant ils ne collent pas à l'univers du Mash Out Posse (à noter aussi que l'invité Foxx passe un peu à côté avec sa voix de premier de la classe confronté aux deux découpeurs). Même impression concernant le titre qui ouvre l'opus ("Pain") qui n'est pas mauvais, mais ne reflète pas vraiment l'esprit de Danze et Fame. Simple question d'appréciation. Notons enfin que, sans aboutir sur un mauvais titre, la production de 9th Wonder sur "Instigator", passe un peu inaperçue.
Entre vestiges de l'époque Roc-A-Fella et travaux transitoires, la copie finale n'est pas mauvaise pour M.O.P. On appréciera l'état d'esprit conquérant et toujours aussi volontaire des deux bonshommes qui n'auront pas mis longtemps à rebondir après leur traversée du désert chez Dame et Jigga. Pas de "Ante Up", de "Cold as ice" ou de "How about some hardcore" ici, donc, mais quelques belles preuves d'une hargne gardée intacte malgré les années et les périodes de silence radio.






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