Pas franchement "dans la tendance" mais surement "dans la bonne direction", dead prez (sans majuscule), fait partie des groupe qui ramènent régulièrement le Hip Hop à la contestation et à la polémique politique et sociale. Souvent accusés de tenir des propos à l'extrême limite de la correction (dans le champ racial en particulier), M-1 et Sticman sont surtout des rappeurs engagés et virulents, qui frappent fort dans les fondations de l'establishment à chaque fois qu'ils prennent le micro. Avec ce solo de M-1, moitié du groupe, on s'attend forcément à un opus de la même teneur.
Pas si confidentiel que ça, l'opus comporte pas mal de tracks solides qui trouveront sans doute un écho aussi favorable sur les ondes radios US (en France personne ne saura jamais que cet album existe en dehors de cercle fermé des fervents amateurs de Hip Hop), que dans les autoradios des Hip Hop Heads convaincus. Ainsi, "Til we get there", avec des relans de ragga, donne le ton pour un opus accessible sans être léger. Il en va de même pour le titre éponyme ("Confidential"), bien agrémenté par Raye.
Parmi les meilleures tracks de l'opus, signalons les featurings prestigieux que s'offre M-1, et qui nous confirme la portée de cet album. On retrouve donc Q-Tip sur le très bon "Love you can't borrow", Styles P et Royal Bazaar sur un "Camarade's Call" bien senti, et le très efficace Ghostface sur "Been Through". Fidèle à son duo malgré une ouverture musicale nettement plus importante que lorsqu'il défend les couleurs de dead prez, M-1 invite son compère Sticman pour un excellent "Early", qui nous laisse présager d'un futur album en fanfare pour la paire.
Bien contruit, faisant la part belle aux titres mélodieux et enrobés, comme aux tracks street, cet opus solo de M-1 prend à contre pieds les attentes des auditeurs. La force de cette sortie réside dans sa faculté à surprendre sans décevoir, et à changer de registre sans perdre l'âme de son auteur dans la consensualité. Avec des tubes en puissance comme "Don't put down your flag" (ft. Young Dré), et des moments de plaisir aussi intenses que "5 elements" ou "Gunslinger", difficile de passer à côté de cet album tant il regorge de diversité et de talent. Varié et pourtant homogène, voilà qui s'inscrit dans la continuité d'une année 2006 qui commence décidément très bien.






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