The Coup avait défrayé la chronique avec la pochette de 'Party Music', qui montrait les tours enflammées du World Trade Center. Le sort a voulu que trois mois après que la couverture ait été faite, survenaient les événements tragiques du 11 Septembre 2001. Prémonition? Dans tous les cas, ceci aurait très bien pu sonner la fin du groupe. Mais ça n'est pas le cas, puisque le Boots Riley et sa bande reviennent en 2006 avec un discours plus effronté que jamais et de la musique rap toujours aussi funky.
Vu la localisation géographique du groupe (Oakland), le son est gorgé de funk typiquement californien bien kitsch. En témoigne la coupe de cheveux de Boots, style afro blaxploitation avec des pattes qui descendent le long des joues qui font très « disco sensation ». Cela fait penser entre autre au personnage qu'incarne Ed Griffin dans le film 'Undercover Brother'. Au niveau du discours, on pourrait apparenter notre homme avec son voisin californien Paris, mais avec une arme fatale à base de façon dérisd'humour caustique qui fait mieux passer le message. Sa devise : « Laugh/ Love/ Fuck » and drink liquor. Ses cibles: d'un côté les auditeurs ouverts d'esprit, et de l'autre le gouvernement américain.
« We Are The Ones » nous entraîne directement dans la vibe, Boots Riley incarnant l'antithèse du super-héros. Avec un fond assez engagé, il était presque normal de trouver la crème des MCs conscients sur « My Favorite Mutiny », avec les forces conjointes de Black Thought (The Roots) et Talib Kweli. Capable de tourner au ridicule de façon imagée, le refrain de « Head (of State) » tourne le contexte diplomatique entre les US et l'Irak au ridicule : « Bush and Hussein together in bed/ Giving each H.E.A.D/ Y'all motherfuckers 've heard what we said/ Billions made and millions dead ». Les The Coup déjouent les complots autour des hautes institutions de façon cartoonesque et hilarante. Une chanson est même dédiée aux léche-culs (l'interlude « Yes 'em To Death »), avec le remède qu'il faut pour faire partir l'haleine fétide provoquée par les odeurs qui imprègnent la langue.
Un autre point fort de Boots lyricalement parlant, ce sont ses quelques storytellings, comme le destin tragique de « Tiffany Hall ». Musicalement, un funk infectieux s'empare des ondes environnantes (« Get That Monkey Of Your Back »), jusqu'à pousser le vice dans un délire pop des 80's (« ShoYoAss »). Et même un peu plus loin vers les 70s, avec une ballade à la Bootsy Collins (« I Just Wanna Lay Around All Day In Bed With You »). Pourquoi pas non plus faire une chanson d'amour traînant autour de la Bêtise Humaine (« BabyLet'sHaveABabyBeforeBush Do Something Crazy ») histoire d'ouvrir une polémique langoureuse.
Comme d'habitude, The Coup mettent le doigt là où ça fait mal avec dérision au travers d'un rap groovy à souhait. L'album choc de ce premier semestre 2006.






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