Ol' Dirty Bastard aka The Professor à la création du Wu-Tang s'est vu attribuer ce blase alors que GZA revendiquait ce titre pour échanger son The Genius avec ODB mais que nenni, Ol' Dirty garda sa mention de prof. Pourquoi je vous dit ça ? Tout simplement car un adjectif ne résume pas une personne puisque Ol' Dirty Bastard aka ODB est quoiqu'il est en soit véritablement un génie.
Le Wu-Tang Clan entier nous a fait découvrir les 36 chambres mais il n'y en a réellement que 35. Oui mais qu'est donc la 36eme ? C'est tout simplement celle créée par ODB, The Professor ne va non pas vous présenter un cours de gynécologie, mais vraisemblablement un cours de génialogie. Il nous laisse sa carte avec Return to the 36 Chambers.
C'est par une « Intro » des plus originales et hilarantes que Russell Jones présente sa thèse devant un public enthousiaste et attentif, voyez les quelques leçons retenues durant cet instant :
« Yeah, I love the girl but I had to cut the bitch off
Yeah the bitch died, I killed the bitch
She suffered a long pain bitchy ass go bitch had to go
I, I knew the bitch for ten minutes of her life
But the pussy was good! Yes the pussy was good! »
Ou encore :
« The first time, ever you sucked my dick
Thank you thank you!
I felt, the earth tremble, under my balls
Somethin shot out of me real fast
First time ...
Nah I'm just kidding witch'all
How y'all feelin, listen to the album cuz it's BANGIN »
Chose promise chose due, comme annoncé le BANGIN a un nom et s'appelle « Shimmy Shimmy Ya », morceau à lui seul représentant ODB : on ne peut associer ce morceaux dantesque sans penser à Dirty. Du reste, la prod est tout simplement monstrueuse, un sample de deux seconde tiré du « Stop her on sight » de Edwin Starr, c'est vous dire l'œuvre réalisée par RZA pour cette prod. D'ailleurs l'album coté production est partagé par RZA, Buddha Monk et Ol' Dirty Bastard lui-même.
On associe bien souvent Ol' Dirty Bastard comme un vulgaire fou, dois-je vous rappeler que la ligne entre la folie et le génie est mince pour ne pas dire inexistante ? Car oui, c'est sur des morceaux comme « Brooklyn Zoo », « Raw Hide » avec Method Man & Raekwon, « Don't You Know » avec Killah Priest, que l'on reconnaît quelle grandeur d'âme il fait preuve.
Ol' Dirty à vraiment l'attitude de, excusez moi du peu mais de « j'm'en ai rien à foutre ». Il fait ses prestations comme bon lui semble, selon ses inspirations car l'exemple même de l'album réside en ce dicton « La seule règle est qu'il n'y a aucune règle ». Tout comme le fabuleux « Goin' Down » où par le simple fait de créer un son basique, à la portée de tous (puisque l'unique instrument étant sa voix), il nous attire dans un délire monstrueux. Suite à ce passage, il poursuit ce morceau avec son propre style, tantôt parlé, rappé et même chantonné, Dirt McGirt sait être polyvalent mais surtout imprévisible.
Les morceaux sont dans la plus pure tradition du Wu, c'est-à-dire des sons crades, maîtrisés et maniés pour chaque Shaolin. Et Dieu sait s'il est complexe de convenir à ODB mais la réalisation est faite sans appel comme le somptueux « Drunk Game ».
« NO! I'm the baddest, hip-hop man, across the world!
I don't care, what you care, I just give, what you receive »
Sans parler de « Snakes », « Proteck Ya Neck II The Zoo », « Dirty Dancin' »…Vous l'aurez compris tout ici est de l'art. Un art qu'on qualifierait d'œuvre à la Vincent Van Gogh car comme lui, Ol' Dirty Bastard est catégorisé comme fou, voire incompris. On sait tous quelles sont les œuvres du célèbre peintre et combien l'histoire de son oreille coupé est désormais classique. Une chose est sure, Ol' Dirty Bastard nous fait saigner les tympans par son œuvre et restera mémorable.
Rest In Peace Ol' Dirty Bastard.
revu par Sagittarius






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