Tout a commencé un soir quand à dix heures dix, pour mes voisins je me suis mis à jouer l'emmerdeur de service. Mes enceintes avaient rendez-vous avec l'homme que l'on nomme Joey, Joey Starr … pour un passage en revue des titres qui l'ont marqué, lui, l'écorché vif que le gotha français bien pensant s'est souvent évertué à descendre, sans jamais franchement entamer la légende. Brailleur, le Boss of Scandalz Strategyz n'a jamais caché son jeu, et c'est avec plaisir qu'on prête attention à la playlist que le Jaguar a concocté pour le mix impeccable de DJ James.
Mêlant avec adresse divers styles musicaux, My Playlist balaie en une heure les standards de l'ex-moitié d'NTM, enchaînant les classiques plutôt bien sentis et rarement compilés pour une large majorité. Joey laisse quelque place pour les « béotiens » d'hier et d'aujourd'hui que sont l'excellent Iron Sy en ouverture, et l'« Exercice de Style » du Sniper de la première époque (la meilleure sans contestation possible). Plus surprenant encore, « IAM bébé, même si ça peut étonner », avec le fondateur « Hold Up Mental ». Pelle de terre jetée sur la hache de guerre, simple clin d'œil ou subtile touche de scandal strategy, la présence de l'équipe marseillaise s'avère aussi étonnante que plaisante.
Du côté des artistes Hip Hop américains, les invités sont triés sur le volets et les wild cards reviennent à Smif-N-Wessun (« Bucktown »), les Beastie Boys, les westsiders Above The Law (dont le nom rappelle bien sur la devise du duo que Joey Starr formait avec Kool Shen), ou encore le mythique combo d'Erick Sermon et Parrish Smith avec l'énorme « Danger Zone ». Les Ultramagnetic MC's (« Watch me now »), Big Daddy Kane (la bombe « Raw ») et KRS-One représentent également cette ancienne école qui ne prend pas franchement de ride, et le Blastmaster a l'honneur de figurer à deux reprises sur la playlist en entonnant le légendaire « South Bronx » (BDP) au milieu de la session ragga. En effet, comme à son habitude (et notamment lors de son show radio), Joey Starr agrémente sa séléction de hits jamaïquains de choix, avec Mad Lion, I-Roy, ou encore l'exceptionnel Supercat et son classique « Cabin Stabbin ». La soul et le funk, enfin, ne sont pas en reste avec les dignes représentants que sont Ben E. King, le Godfather James Brown, Bill Withers (et l'éternel « Ain't No Sunshine ») ou Linton Kwesi Jonhson.
Eclectique et d'une qualité supérieure constante, la compilation, parfaitement mixée et bien animée par un Joey Starr en verve réserve de bons moments de découverte et surtout de redécouverte pour les amateurs de musique dans leur ensemble. Hip Hop, ragga, soul, funk, telle la composition idéale d'une playlist ébouriffante à défaut d'être inédite. Un livre, un solo toujours sur le feu, et une compilation annonciatrice d'un retour en grâce, voilà qui devrait donner du baume au cœur des nostalgiques du puissant JS.






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