Les artistes sudistes ne finissent pas d'affluer, uniformisant le son Dirty South qui jouit pourtant d'un succès sans précédent dans l'histoire du Hip Hop. Ils sont tellement nombreux maintenant à poursuivre cette lancée que leurs pseudonymes manquent de plus en plus d'originalité : Young Buck, Young Dro, Young Jeezy, Young Capone, Youngbloodz... Celui qui aurait pu s'appeller Young Joke (la bonne blague) se fait passer en Yung Joc histoire de faire moins conventionnel. Ce rappeur d'Atlanta signé sur Block Entertainment et Bad Boy South compte bien suivre les traces de Young Jeezy. Pourquoi lui comme modèle? Jeezy s'est fait connaître grâce aux Boyz N Da Hood chez Bad Boy, mais il a glissé d'entre les mains de P Diddy, qui l'a laissé signer un deal solo sur Def Jam afin de jouir d'un succès de platine. C'est peut-être cette frustration d'avoir loupé cette opportunité, ainsi que l'échec commercial des BNDH, qui ont poussé Diddy à vouloir retenter sa chance, avec Yung Joc cette fois.
'New Joc City', ou l'histoire d'un album qui voulait se vendre. Le succès de "It's Goin' Down" témoigne en faveur de Yung Joc, puisque ce hit a projetté ce premier disque solo en tête des charts Hip Hop/R&B. Le disque d'or assuré en gros. Il faut avouer que les remixes de ce single ont eu un impact non-négligeable sur le buzz de notre hustler. Et comment, puisque le libre arbitre a voulu que ce morceau soit l'instrumental qui aurait servi au beef entre Jay-Z et Cam'Ron. Voilà pour l'anecdote, bref. Si Yung Joc voulait s'assurer un succès sur la durée, deux autres hits potentiels risqueraient de faire très mal. En premier choix vient l'accrocheur "Flip Flop" avec la chanteuse Cheri Dennis et les Boyz N Da Hood. Il nous traverse même l'esprit la question du remplacement de Jeezy par Joc au sein du groupe mais arrêtons les spéculations ici. La seconde option, plus facile et moins intéressante, serait "1st Time" en jouant sur la carte d'un r&b standard.
Pour assumer une carrière de rappeur, il faut pas mal d'égo, et Yung Joc fait partie de ces personnes qui s'aiment beaucoup ("I'm Him"). D'ailleurs, s'il n'a pas la panoplie du meilleur lyriciste, il garde un bon flow qu'il pose aisément sur des beats minimalistes sur TR808 et des mélodies tout aussi simplistes. C'est bien le problème de 'New Joc City' : trop formaté dans le moule d'un son sudiste sans originalité. Il n'y a que quatre voire cinq morceaux maxi qui s'échappent du lot si on compte "Picture Perfect" feat Big Gee. Mais devait-on s'attendre à mieux?






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