Pourtant né sous l'égide louable du Peace, love and having fun, le Hip Hop est aujourd'hui un univers concurrentiel cruel au sein duquel les meilleurs restent parfois sur le bord de la route, laissant les plus agressifs commercialement s'enrichir sans complexe. C'est un peu ce qui résume la carrière du Mash Out Posse qui, fort de disques acclamés par les amateurs de Hip Hop, s'est néanmoins trouvé mis au rebus de l'écurie Roc-A-Fella avant de trouver refuge chez le richissime Fifty Cent, au sein de son G-Unit Records. Ne voyant toujours rien venir, Lil'Fame et Billy Danze sont un peu tombés dans l'oubli, et sans un opus officieux sorti chez Full Clip Media, personne n'aurait misé sur un retour dans les bacs du duo cette année.
Pas vraiment préparée, la sortie de ce disque fourre-tout résonne plutôt comme une liquidation totale avant fermeture définitive. Pire, de nombreux morceaux présents sur cet album (qui n'en n'est pas un) sont connus, voire archi connus. On retrouve ainsi une grosse poignée de tracks déjà gaspillées sur le St Marxmen d'il y a quelques mois. « Instigator », « Put it in the air » (avec leur ancien boss et jamais ami Jay-Z), « Live from Ground Zero », « Muddy Waters » ou encore « G-Boy Stance » laisseront donc perplexes ceux qui s'attendaient au moins à un recueil d'inédits plutôt qu'à une compilation de titres (globalement bons), mais déjà écumés et surtout vieux d'un certain temps déjà. Plus surprenant encore, la tracklist exhibe de manière éhontée le morceaux issu de la rencontre explosive entre CNN et MOP, « Stomp da sh*t out ya ». Un street banger certes marquant, mais sorti sur la bande originale du film Cradle 2 the Grave en…février 2003.
Pourvu d'une tracklist mêlant singles déjà placés sur des dizaines de mixtapes ainsi que sur leur précédent opus, ce projet estampillé MOP ne présente qu'un intérêt relatif (qui réside notamment dans la présence de titres comme « Roc La Familia » ft. Jigga & Bleek pour ceux qui ne les posséderaient pas). Le niveau des deux compères n'est par ailleurs en aucun révélateur du fait de l'ancienneté des morceaux compilés. Oubliez donc la perspective de vérifier l'état de fraîcheur de la paire de Brownsville depuis sa signature chez G-Unit, puisque tout n'est ici qu'antiquités, et pas toujours des mieux conservées. La déception sera d'autant plus rude pour ceux qui ont sauté sur ce Ghetto Warfare en se souvenant que c'était le titre de l'album programmé sur le ROC. Cette arnaque était peut-être l'ébauche de tracklist de l'opus avorté. Dommage que plusieurs années se soient écoulées depuis.






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