Si tu ne connais pas les Substance Abuse, ne t'étonne pas. En effet ce groupe œuvre en toute discrétion dans l'underground du hip hop américain, à Los Angeles plus précisément. Si tu n'as jamais entendu parler d'eux (ce qui est le cas pour la plupart des personnes) alors lis attentivement ce qui va suivre, ou alors passe ton chemin sur ce qui est l'une des meilleures découvertes de l'année.
Les présentations s'imposent : Substance Abuse est composé de deux rappeurs, que dis–je, de deux talentueux rappeurs, Subz et Eso'Tre. Ils ont sortie en 98 un premier EP, et c'est donc huit ans après qu'ils nous viennent avec leur premier album, Overproof. Les deux emcees vont d'ailleurs participer à la production de l'opus, accompagné d'autres producteurs tels que Hanif Hobbs, Feller Quentin, Thes-One, Myka Nyne, DJ Medicine, Brisk One, Kut Masta Kurt, Waes One et Mike Nardone.
Maintenant que tu es devenu incollable au sujet de ce groupe, concentrons nous sur l'album. Tout commence avec « Fake Contacts » qui sent bon le vieux son west des années 80. Et c'est d'ailleurs la seule chanson aux allures West Coast. En effet, même si ils viennent de Los Angeles, les Substance Abuse nous délivre un opus qui sonne tout, sauf la West. Mais étant donné la qualité de l'album, on ne s'en plaindra pas.
Bref, continuons notre étude de l'album. Si pour toi, peuple français, Substance Abuse rime avec ... rien puisque personne ne connaît, il n'en va pas de même Outre Atlantique. Le groupe a déjà sa petite réputation, j'en prends pour preuve les deux premiers featurings du disque. Ce sont deux légendes oeuvrant pour le hip hop depuis près de vingt ans qui viennent escorter nos deux amis, j'ai nommé le grand Kool Keith et l'étonnant MF Doom. En découle de ces featurings l'innommable « Nights On The Town » et l'inconcevable « Profitless Thoughts ». La première est tout simplement géniale. Une excellente production accompagnée du groupe très en forme. On regrette la performance moyenne de Kool Keith qui, honte à lui, « gâche » la chanson. Heureusement MF Doom ne suit pas le même chemin et nous propose un très bon couplet sur « Profitless Thoughts ». Ces deux chansons restent comme faisant partie des meilleurs de l'album. Et nous ne sommes qu'aux premiers morceaux, belle perspective pour la suite.
Après le très bon « Mercy Killings » et les couplets étonnants de Deranged, Mawnstr et Nebz, arrive une mélodie sombre et calme, celle de « No Guarantees ». Une chanson qui ne peut laisser l'auditeur de marbre, tant l'ambiance dégagée nous transporte. Le disque continue sur sa lancée avec des morceaux comme « Every One's A Critic » featuring Rasco à l'atmosphère Jazzy, le sombre « The Graduate » et l'excellent « The Sickness ». C'est juste après qu'un nouveau choc arrive, causé par « Check ». Et pour la peine c'est le très bon Motion Man qui vient lâcher un couplet, sans compter la contribution des autres rappeurs tous aussi bons.
Si pour l'instant c'est un sans faute, un petit essoufflement se fait ressentir sur « Can't Call It », nettement en dessous de ses compagnons. Une production qui donne la migraine, des featurings tout juste potables, bref rien d'engageant.
Mais ne prends pas peur lecteur attentif, car le groupe se rattrape magnifiquement avec le magique, le fantasmagorique « Collateral Dommage » featuring Prego et Zest. Une production qui donne les larmes aux yeux tellement elle est bien conçue, des rappeurs au maximum de leur performance, quelques samples de Rakim, KRS-One et Public Enemy pour le refrain... De quoi faire des tâches suspectes sur tes draps, c'est moi qui te le dis. En bref, cette chanson est la meilleure de l'album, un classique. Le disque se termine ensuite avec l'excellent « Fracture Form » et un remix de « The Sickness » qui, il faut bien l'avouer, on se serait bien passé.
Au final, Overproof nous étonne par sa qualité hors-norme et son ambiance bien sombre. On est décidément envoûté par les productions et les Substance Abuse qui, pour leur premier album, ont plutôt bien réussi leur coup. J'en profite pour repasser un nouveau coup de cœur à « Collateral Dommage » que je n'oublierai pas de si tôt. Voilà un disque qui aura de quoi guérir nos oreilles endoloris par le mauvais rap.
Substance Abuse, un groupe à consommer sans modération...






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