Ces temps ci, en surfant sur le player de Rap2k, vous avez sûrement dû apercevoir le nom d'Al Peco associé à un morceau aux consonnances « Bled Hard » qui s'intitule « Kotigui ». Un terme qui peut paraître étrange pour un français lambda unilingue mais qui signifie beaucoup en Bambaraa (dialecte africain) pour ce malien qui œuvre dans le rap depuis l'âge de 14 ans.
Kotigui = L'homme qui fait les choses
C'est le premier morceau de cet album, j'insiste sur ce terme car il permet de situer l'état d'esprit du Kotigui qui vous l'avez compris n'est pas en France pour jouer.
Ce morceau est un appel au réveil de son peuple et de manière plus large de toutes les communautés présentes dans les cités, histoire de rappeler que nous avons tous les moyens de réussir. « On ne peut pas passer notre existence à subir, au lieu de cramer des voitures rêve d'en construire ». Il se donne en exemple pour démontrer que tout est possible même quand le système fait tout pour prouver le contraire « J'ai eu mon Bac S a 17/ma maîtrise d'Eco à 22/je suis un Cerveau un vrai Crack pour eux/ Pourquoi tu fais du rap alors ?/Parce que t'es un merdeux / remonte 2 mesures plus haut je te dis je suis un matheux »
Une belle entrée en matière qui va au contre-courant de tous ce qui peut se faire dans le paysage rapologique francais actuellement, qui dans cette thématique est plus axée sur les problèmes que les éventuelles solutions.
Cependant, la problématique de Kotigui est traité sous l'angle opposé sur le morceau « Mr le ministre de l'Intérieur », un morceau ou le Kotigui s'adresse directement au n°2 du Gouvernement avec le respect qui lui est dû, sans violence, mais avec des mots lourd de sens qui marque plus les esprits qu'un simple doigt d'honneur. « Mr Le Ministre de l'Intérieur je vous reproche votre manque de tact/ Ces dérapages verbaux on parle a des hommes pas à des animaux/ Oser parlé de nettoyage au Karcher/ Mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter ? » Un message qui a sûrement comme principal objectif d'être entendu par l'intéressé tant les lyrics semblent clair et compréhensible par Tous. A quand la réponse ?
Sur « Parce que », le Kotigui répond au pourquoi de son rap sur une instru a la fois sombre et mélancolique, un mélange subtil qui dans le son et le texte reflète bien la motivation du Rappeur en général.
Sur « Lascars contre Bledhards », il oppose deux manières de penser bien distinctes, qui reflète bien l'image que l'un à de l'autre. Une prod explosive assurée par Alsoprodby et un thème très proche de la realité.
Certes, tout ceci nous laisse penser que le Kotigui possède un discours résolument engagé, presque politique, cependant il demeure un artiste accroc a son art, il nous le démontre sur « Combien de sacrifices » aux côtés de Kazkami ; un hymne a l'amour du rap sur une prod entraînante qui nous inspire beaucoup de nostalgie et de gaieté a la fois, une agréable sensation.
Rappeur sur « A.L.P.E.C.O » (pas très convaincant) ou « Cannibal Mc », de l'Egotrip à l'état brut bourré de punchline censé dévoré la concurrence « a l'apéro ou a 4 heures » selon les envies, brillamment orchestré par Koudjo.
Rappeur encore sur «trop nez gros» et son remix, ou lui et les stars montantes du rap français (Grodash, Taro OG, Nubi, Despo rutti, Alpha 5.20) font l'étalage de la force de leurs flows sur un thème porté sur l'autodérision. Je parierais presque pour un futur single, mais ça n'engage que moi !
Plus rappeur que jamais sur « Ridin' remix » en featuring avec le Chamillionnaire, ou le Kotigui ose se mesurer au dinosaure du Crunk avec un flow qui mélange la rapidité et la chansonnette. Un exercice difficile assez bien réussi par notre « Bledhard » national.
Rappeur, mais aussi « Décaleur » sur le morceau « Guerriers » en featuring avec Meiway. Un morceau qui ne rentrera probablement pas dans les classiques du Coupé Décalé mais qui a sûrement une utilité spéciale pour le Kotigui.
Enfin, après ce bref récapitulatif on peut mieux comprendre le concept de Kotigui : le combat d'un jeune malien émigré en France pour réussir. Certains trouveront probablement que son album tourne trop autour de ce même thème, le Kotigui assume cette idée sur le morceau « Paradoxal » produit par T.I.X.X.O pour qu'il n'y ai rien à redire sur cet album.
Je ne classerais pas cet album dans les classiques, mais je peux vous assurer qu'il restera l'un des albums les plus complet et des plus intéressants de cette année 2006.
A vous de me dire ce qu'il vous inspire !






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