Governor, poulain de T.I. et premier artiste R&B signé sur Grand Huslte, suit Young Dro dans la liste des artistes lancée par le King Of The South. Remarqué sur le titre "Hello" de 'King', voilà Governor qui nous livre son premier opus (même s'il en avait déjà sorti un il y a quelques années de cela), intitulé 'Son Of Pain'.
Dès le début, sur 'Blood, Sweat & Tears', la couleur est annoncée : l'ambiance est soul et Governor peut se débrouiller seul, pas besoin de featuring pour rattraper ses prestations, sa voix est suffisament bonne pour nous faire aimer la chanson. Néanmoins, s'il se distingue des autres artistes R&B faisant appel à une pléiade d'artistes pour s'entourer, il ne peut pas dire qu'il n'est pas épaulé par des producteurs inconnus, les Track Masters s'occupant ici de la production. S'ensuit 'Out Of My Hands', qui poursuit l'idée que l'on pouvait avoir sur le premier titre : une bonne production d'Eddie Scoresazy (que l'on retrouve également sur 'Forgive Me') sur laquelle Governor n'a plus qu'à montrer tout ses talents vocaux. Le résultat s'avère très convaincant. 'Forgive Me', sur une instru où on aurait pu croire destinée à Kanye West ou John Legend, montre que Governor sait aussi chanter sur des titres moins sombres et mélancoliques. Cela se confirme sur l'électrique 'Be Yourself', même si le résultat est cette fois-ci moins convaincant.
La petite déception n'est heureusement pas prolongée et 'Destiny', avec une production de Scott Storch bien différente de ce dont à quoi on aurait pu s'attendre, fait revenir notre chanteur au niveau du début de l'album, sur un titre où la guitare ne passe pas inaperçue. 'Never Wanna Leave' marque un léger tournant dans l'album : alors qu'on avait jusque là plutôt des promenades, Governor entre cette fois-ci dans un registre plus intime, sur une production de Raphael Saadiq. 'Slow Down', produit par Khao (nouvelle petite trouvaille de T.I. ?) est cette fois-ci un morceau un peu plus accessible à tous le monde par sa mélodie entraînante et son ambiance plutôt festive. C'est ensuite 'You Got The Power', seul morceau où Governor partage le micro, avec son mentor, où l'on reconnaît la patte de Just Blaze, reste un morceau à l'image de son producteur, un style que Governor ne nous avait pas montré jusque là. Une fois de plus, l'impression donnée est bonne et le résultat demeure satisfaisant. 'Move Easy', 'Make Love To You' et 'That's What I'm Talkin'' sont des balades agréables qui peuvent laisser penser que Governor tenait à ce que son album soit accessible à tous. 'On My Way' reste cependant la meilleure dans ce registre. Governor nous fait une fois de plus l'étalage de ses capacités vocales sur une instru douce. 'I Can't' finalise l'album de la plus belle des manières possibles par une mélodie pourtant assez ordinaire.
Pour conclure, Governor nous livre ici un très bon album sur lequel on peut observer un vrai talent chez l'artiste, qui n'a pas besoin de faire des tubes assurés comme de nombreux artistes le font pour leur premier opus afin de se faire remarquer. Governor a été entouré de producteurs reconnus mais ceux-ci se sont pour la plupart adaptés au style de l'artiste, et non l'inverse. 'Son of Pain' est un album encourageant. Il n'y a plus qu'à espérer que Governor poursuive sur cette lancée.
Chronique de Shyne






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