Le reggae est une musique internationale depuis que Bob Marley lui a permis de s'inviter dans toutes les sonos du monde. Sous l'influence des pontes de cette culture, la vague n'en finit pas de trouver échos en Angleterre (de Police à UB40, en passant par Steel Pulse), en France (de Serge Gainsbourg à Saël), en Suède (Promoe), et même aux Etats Unis. En effet, depuis sa Californie d'origine, le groupe Groundation fait résonner la culture rasta auprès de qui veut l'entendre. Particulièrement appréciée en Fance, la formation du chanteur/producteur Harrison Stafford (leader de la bande) n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai, puisqu'elle officie avec brio depuis 1999 et la sortie de son premier opus Young Tree. Sept ans et quatre projets séparent donc les débuts de Groundation de ce nouvel album, Upon The Bridge, qui confirme encore la maturité artistique et l'influence des Californiens dans leur discipline.
Etablir le pont entre les peuples, les cultures et les continents, c'est sans doute de cette façon qu'il faut comprendre l'intention de Groundation avec la sortie de cet album. Et puisque la musique est par essence un langage universel, quel meilleur moyen pour traverser la planète (via les canaux auditifs et les salles de concerts) que de proposer des compositions profondes et des textes prônant l'unité entre les Hommes ? « What could have been » constitue une invitation irrésistible à entrer dans l'univers foisonnant du groupe, intégrant parfaitement l'énergie et la spiritualité du roots (tout en bénéficiant de la qualité sonore des enregistrements d'aujourd'hui…). Dans une veine on ne peut plus fidèle aux origines du reggae, Groundation livre quelques perles remarquables comme le terrible « Me na in de », ou le morceau-titre (« Upon the bridge »), qui s'inscrivent dans la grande tradition des ambiances presque prêchées des auteurs jamaïquains. « Nonbeliever » ajoute une touche quasi jazzy, tant le ton lancinant semble propulser le reggae dans une ambiance piano-bar que le refrain vient sublimer dans une forme de douce lamentation. Le rythme paresseux de « Used to laugh » se prête à merveille à une écoute paisible, confortable, alors que « Fight all you can » tend admirablement vers le dub. Non contents de pouvoir compter sur la voix charismatique et accrocheuse d'Harrison Stafford, les Groundation invite Pablo Moses à trois reprises, soit autant d'apparitions que le non moins excellent I Jahman Levi qui enchante le très réussi « Sleeping Bag » de sa voix intemporelle de grand reggaeman.
Avec des orchestrations très soignées, une tracklist de onze titres intenses, et des prestations de qualité au chant, ce nouvel opus de Groundation se place sans contestation possible au sommet de la discographie du groupe. Riche en instruments (huit personnes au total, ont été mobilisées pour les compositions du projet), très travaillé sur le plan vocal, Upon The Bridge ne laisse aucun doute sur la dimension grandissante d'un groupe qui ne connaît aucune frontière, et qui illustre plus que jamais l'universalité du reggae. Un opus empreint de spiritualité et rythmé, à se procurer pour tous les fans de cette musique.






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