Le nouvel album d'Ades, aka le rappeur le plus boycotté (comme il le dit lui-même), est enfin arrivé pour notre plus grand plaisir. Après avoir débuté avec son crew Les Repentis et un succès d'estime, un court passage chez CMP de Rost puis par l'armurerie Neochrome (chez qui il sort son premier album et une très bonne mixtape), il nous sort son second album qu'il produit lui-même avec son label Ades Prod, suite à son EP « Fuck tout le monde ».
Tout débute par la magnifique track « Chacun ses armes » qui commence par une citation du Coran qui appelle à la paix, le tout sur une très belle boucle de piano. De suite après, voici l'un des meilleurs morceaux de l'album, « Traverser le temps » en featuring avec l'excellent Seven. Cette chanson traite de la civilisation musulmane et du regard que leur porte le monde aujourd'hui, pour encore une fois faire passer un message de paix. Arrive « Avec des si » (en featuring avec l'un des piliers du label Neochrome, Loko), le titre de la chanson parle de lui-même. « Faut avancer seul » parle de la jalousie qu'ont certaines personnes quand quelqu'un arrive à quelque chose, un bon titre avec un beau refrain très bien chanté. Continuons la lecture et nous avons ainsi « Depuis de longues année » (en featuring avec Model), qui cause « biatches » comme dirait un certain Booba. Un bon titre sans n'avoir rien de spécial, si ce n'est sa très belle instru.
De nouveau un morceau sur l'Islam, « Mon paradis » featuring Al K-Pote (de l'Unité 2 Feu), qui encore une fois joue dans l'égotrip violent avec ses punchlines. Passons ensuite à « Criminel » featuring Jerry Dafunkila et Chris Taylor. Une des plus belles prods, un des meilleurs texte d'Ades, un thème accrocheur même si couramment utilisé (la violence policière) et un très bon refrain une nouvelle fois chanté, mais gâché par la médiocrité des invités. « En mode perquise » règle les comptes contre les haineux, les MCs qui font du mauvais son, le fait que Lââm n'ait pas chanté avec lui etc… Mais au final un son comme on en a déjà entendu des centaines de fois, avec une instru bien lourde au passage. Le single de l'album destiné faire bouger les gens en intégrant une ambiance dancehall (« Le son des dreads et des cailleras ») reste au final bien moyen, comme bien souvent dans les connections rap/dancehall.
Introspectif comme sur « Comme un petit », ensuite violent (street credibility oblige), « Faut que ça pète » et « A bas les porcs » sont néanmoins agréables à écouter. Autre très bon morceau, « Pour ceux qui savent », utilisant un sample des Choristes. Retour à un son street avec « Poucave » histoide descendre quelques balances avant d'achever le skeud sur « Je pense à vous », qui appelle à aimer son prochain qu'il soit musulman, juif ou chrétien comme le dit le refrain.
Au final un très bon CD avec des sons egotrips, hardcores et conscients à la fois, le tout sur de très belles instrus, toujours avec un flow violent et de très beaux refrains chantés pour équilibrer. A écouter pour tous les amateurs de bon rap français. Après ça, comment peut-on oser dire que le rap est mort…
Revu par Sagittarius






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