L'an passé, Despo Rutti en a surpris plus d'un avec le fameux morceau « Arretez », figurant sur la compilation Hostile 2006. Ce titre très explicite était un manifeste et une prise de conscience qui s'est faite en sortant de garde à vue, et qui nous a permis d'en savoir un peu plus sur ce jeune homme originaire de la ville des Pavillons-sous-Bois.
Un mec qui gravite dans le milieu rapologique depuis un moment déjà, sa première participation étant sur le projet Ghetto Superstars (mix-tape réalisée par Shadow). Son franc-parler et son charisme ne nous laissent pas indifférents. Bien au contraire, ce sont même les principales qualités de ce MC. De plus, Despo a su maintenir le buzz qui s'est produit autour de son nom d'artiste et nous a concocté un support qu'on ne qualifie pas de street-album, ni d'album : il s'agit donc de l'œuvre de la révélation rap français 2006, son double-CD Les Sirènes du Charbon.
Le 1er titre du 1er CD est « Frelos » en guise d'introduction, sur un son tendance Dirty South, avec la voix de Mac Tyer et au refrain la voix de Rocca. Despo Rutti est parfois "Nonchalant", comme la track 6 nous le fait savoir: « Je suis juste un bon vivant un peu flémmard/ J'prends mes responsabilités contre l'éczema / Je suis bien impressionné par l'Europe/ la reussite dans le rap j'suis nonchalant/ j'me gratte les boules devant les minutes qui defilent/ j' pense à mon pote Colamar qu'a perdu la vie/ j'décolle j'suis nonchalant/ j'nique les obligation pas les challenges.» Dans cette chanson Despo se lâche et n'hésite pas à faire transparaître ses convictions, en nous plongeant parfaitement dans son univers qui lui est propre. Un peu de mélancolie dans ce premier disque, avec une mélodie assez apaisante. Cela change un peu des sonorités dont nous avons l'habitude de l'entendre.
« Je sors pas d'un ghetto de France ma gueule /je sors tout droit du ventre de ma mére / pas pour vendre de la merde sur skeud ». Despo ne mâche pas ses mots et ne stocke surtout pas sa langue dans sa poche. Justement non, ce MC n'hésite pas à nous communiquer le fond de ses pensées, sans faire attention aux mauvaises langues. Si vous êtes passés à côté de ce projet, n'hésitez pas à tendre l'oreille et ne vous limitez pas aux street-singles : ça s'écoute en entier.






Les dernières chroniques


