En attendant la sortie imminente de son nouvel opus Evolution, Passi n'a pas oublié ses fans et s'en est remis au désormais habituel street CD (ou mixtape, c'est selon) pour occuper et préparer au mieux le terrain de son come back. Plus connu auprès des jeunes auditeurs de rap pour ses frasques aux côtés de Calogero (« Face à la mer »), et plus récemment Johnny Hallyday (« Le temps passe »), le rappeur des grandes heures du Minister Ämer et du Secteur Ä n'en demeure pas moins un artistes marquant des 90's, et dont le retour aux affaires pourrait s'avérer salutaire. C'est toutefois le chemin que nous indique ce street CD ambitieux, qui met en avant les nouveaux travaux de l'Altesse Double S, tout en renouant avec le glorieux passé au gré de quelques morceaux fondateurs ressortis des cartons. Dès l'intro, qui propose une définition de la « Révolution » selon l'artiste, le ton s'annonce rugueux, et le premier véritable morceau, « Dent pour dent », confirme les velléités sans concession du rappeur.
Le propos sec, l'ambiance lourde et le flow rageur, c'est un Passi retrouvé qui se présente au fil des morceaux. « Manipulation » (ft. D.O.C des 2Bal), « Art de guerre » (ft. G-Kill des 2Bal), « Pas de limite » (ft. Secteur Ä) ou « On devrait » (ft. Minister Ämer), affichent une ligne de conduite ferme et déterminée. Les fans se réjouiront par ailleurs de retrouver aux côtés de Passi les frères d'armes de toujours, ainsi que quelques nouveaux guérilleros prêt à prendre le maquis dans les rangs du Double S (comme Youssoupha et Alibi Montana) sur « Le frolot vener ». Animé par une volonté indiscutable de revenir au premier plan, le rappeur du Secteur Ä n'en oublie pas pour autant ses tubes d'hier, histoire sans doute de rappeler aux auditeurs les moins avertis que ses aventures crossover des dernières années (la chaotique série des Dis l'heure 2, en particulier…) ne sauraient faire oublier des moments de bravoure mythique. On réécoutera ainsi avec plaisir « Le monde est à moi » (ft. Akhenaton), « Emeutes », « Le savoir est une arme » (ft. Minister Ämer), « Les flammes du mal » et la rencontre en Première Classe, « Black December » avec Oxmo Puccino.
Garni de quelques curiosités, comme « La vie de ghetto », sur lequel la présence de Wyclef est à la fois inattendue et bluffante (le Fugee chantant en…Français), et renouant avec les faits d'armes du passé, ce street CD s'avère bien senti pour annoncer les intentions légitimes de son auteur. Une livraison pile à l'heure pour agrémenter l'attente.






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