Né Leshorn Whitehead, du côté de Brooklyn, New York, le 15 juin 1972, celui que l'on appelle Chuck Fenda connaît aujourd'hui une période faste. Auteur d'un tube ultra controversé que les radios jamaïquaine ont banni de leurs rotations pour son contenu incendiaire, qui appelle à détruire tout ce qui cause les malheurs du peuple, Chuck n'a jamais autant fait honneur à son titre de ‘Poor People Defender'. Ainsi, si Kingston et ses habitants comptent depuis des années un ‘Governor' de haut rend en la personne du Warlord Bounty Killer, l'avènement de ce ‘Defender' aux pamphlets tonitruants n'est pas sans rappeler la fureur reggae/ragga des 90's. Porté par le brûlots « Gash Dem », The Living Fire n'est pourtant pas un disque violent ni anarchique. Revendiquant son droit de citer après l'incident qui l'a opposé aux ondes de son pays sur « Freedom of speech », Chuck Fenda fait valoir la vaste étendue de son talent et explose le carcan d'un artiste que beaucoup avaient préféré croire inconscient et irresponsable. Peu d'artistes savent en effet comme lui prendre la parole du peuple pour évoquer l'espoir, la réalité de la rue (« Children of the universe » en duo avec Tanya Stephens), ou encore la relation au Tout Puissant sur le remarquable « I'm praying ».
Rempli de hits potentiels tous aussi frappants les uns que les autres, cet opus de Chuck Fenda brille à bien des égards. Dans sa réalisation, d'abord, en s'inscrivant dans la plus pure tradition jamaïquaine (comprenez que Chuck ne fait ni dans le dancehall, ni dans le riddim digital, ni dans les lyrics porno-chic ou vulgaires), puis dans le charisme vocal certain de son auteur. Des morceaux comme « Long Road » ou l'ode à l'herbe « Gwaan Plant » mettent en exergue le talent brut de l'artiste et la force de ses mélodies. Saisissant lorsqu'il entonne quelques refrains fédérateurs, Cuck Fenda fait preuve de constance et d'inspiration tout au long d'une tracklist riche et cohérente. Bien entouré lorsqu'il invite Cherine Anderson pour le quasi crossover « Coming Over », ou Richie Spice pour un « Working For » final, le ‘Defender' brûle les enceintes en toutes circonstances. « Judgement », « Change your ways » ou encore « Nah Laugh » ne laissent rien traîner sur leur passage et s'imposent durablement dans les esprits comme des références du genre. Impliqué, appliqué et talentueux, Chuck Fenda propulse son opus directement parmi les meilleures sorties de l'année, et offre un beau cadeau à Greensleeves pour l'année de son trentième anniversaire. Une nouvelle preuve que pour l'artiste comme pour son label, l'heure est venu de faire valoir la force de l'âge.






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