Après 50 Cent et Lloyd Banks, c'est au tour de Young Buck de revenir sur le devant de la scène avec son deuxième solo au titre provocateur de Buck The World, en comparaison avec l'expression « fuck the world ». L'Empire G-Unit commence sérieusement à s'effriter au niveau des dernières ventes, comme si leur monopolisation de tous les médias avait, enfin pourrait-on dire, fatigué l'auditeur. Il compte bien désormais sur son représentant du sud pour refaire passer le courant entre le label et l'attente des fans. Et en terme de courant il sait y faire ; bourré d'énergie il est souvent considéré comme le plus prometteur de la clique, d'ailleurs son Straight Outta Cashville avait marqué les esprits avec des titres survoltés comme « Let Me In », « Shorty Wanna Ride », ou encore « Look At Me Now » et s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires sans mal. Trois ans se sont écoulés et le natif de Nashville ne semble pas avoir changé d'une ride, avec une pochette qui annonce comme le précédent, un opus à l'humeur musclé et à l'esprit bien sombre.
Et pourtant le premier single n'avait pas du tout cette allure là, « I Know You Want Me » est une track plutôt smooth produite par Jazze Pha, et même si l'ensemble passe bien avec sa mélodie entraînante, ce n'est pas vraiment ce à quoi l'on s'attendait. Tir rectifié instantanément pour le second single, on passe tout de suite du coq au vin, enfin du coq à l'âne vous m'aurez compris, car « Get Buck » est du genre à vous froisser la colonne vertébrale, à vous hérisser les poils de part la lourdeur de sa production et de ses trompettes obsédantes. Et celui qui se trouve derrière tout se raffut c'est encore cet artiste d'Atlanta que l'on nomme Polow Da Don et qui a récemment conçu la majorité de l'album de Rich Boy. Véritable boule de nerfs, Young Buck électrise son album avec une énergie débordante, ce qui en fait la véritable force à l'image du puissant « Buss Yo' Head » et « Clean Up Man », sur laquelle il fait toute sa démonstration de force, mais également l'inconvénient que celle-ci peut paraître lassante à certains endroits. Mais il n'a pas à s'en faire car côté entourage, il est plus que bien accompagné ; notamment sur cette mise au point qu'est « Say It To My Face » avec les inséparables 8Ball-MJG ainsi qu'un excellent couplet de Bun B, le tout orchestré par un Jiggalo (qui a été jusqu'à sampler Mozart pour en faire son propre requiem). Autre combinaison de prestige pour une track qui manque néanmoins d'enthousiasme, c'est la rencontre des « 4 Kings » avec T.I., Pimp C et Young Jeezy, pour un refrain chanté par Jazzy Pha.
Pour un album G-Unit, ici, très peu de featurings avec les membres de la maison, seul 50 Cent y apparaît sur « Hold On » avec une bonne production signée Dr Dre, ambiance gangster des années 30. D'ailleurs les productions du docteur semblent ces derniers temps vraiment limitées et plus que posées, à croire qu'il garde toute sa magie pour la surprise de fin d'année. On le retrouve aussi à la baguette sur le peu convaincant « U Ain't Goin Nowhere » où la voix de Latoiya Williams résonne une fois de plus comme elle l'avait fait aux côtés de Busta Rhymes dernièrement. Dans le même genre de morceau, plus calme il faut plutôt remarquer et noter l'excellent duo avec le leader de Linkin Park (Chester Bennington), pour un envoûtant et prenant « Slow Ya Roll », puis « Buck the World » avec Lyfe Jennings le maître des sons planant. « I Ain't Fucking Wit U ! » a de quoi surprendre, Hi-Tek mêle toujours aussi bien les sons soulfuls à base de Gospel et de Hip Hop, où se retrouvent Snoop Dogg ainsi que Trick Daddy sur une mélodie adoucie de plus belle avec la voix de Dion mais aussi celle de Snoop qui pousse la chansonnette également. En plus de convaincre ses fans, Young Buck est récemment devenu le patron de son propre label Ca$hville Records qui a déjà vu la signature de C-Bo, pointure de la Westcoast toujours aussi puissant qu'à ses débuts, ainsi que les Outlawz, groupe formé par 2Pac en 1995 qui a perdu depuis toute sa belle allure mais qui essaie tout de même encore d'émerger.
Chez Young Buck il y a des histoires de frics : Young Jeezy revient faire ses gimmicks sur le bien maigre « Pocket Full Of Paper », tandis que Lil Jon balance un son minimal sur « Money Good ». Mais il y a aussi des histoires de weed : « Puff Puff Pass » véritable hymne à la fumette, et qui de mieux placé que Ky-Mani Marley (Gomont haha) pouvait en faire le représentant ? Complètement obnubilé après ce morceau, on l'est encore plus lorsque l'on entend pour notre plus grand plaisir la voix du funky Kokane sur le très bon « Haters ». Pour finir en beauté, la cerise sur le gateau, Young Buck perd la boule et devient hors de contrôle sur « Lose My Mind », une track contre-pied, surprenante de voracité, tel une rock star qui hurle sa rage au micro, sur une production somme toute simpliste d'Eminem. Une belle fin pour un album qui était attendu au tournant, et qui dans sa globalité, malgré quelques points noirs, est très convaincant et semble mieux travaillé et plus personnel que son premier.
A noter la bonus track, « Funeral Music » diss de 50 Cent envers Cam'ron, qui n'a strictement rien à voir avec l'album mais bon sûrement une stratégie de la part du label dont ils sont les seul à avoir le secret.






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