Débarqué sans prévenir dans le paysage de la Grosse Pomme, Mims ferait presque office de messie pour une scène régulièrement qualifiée de moribonde et dont le souffle tarde en effet à se renouveler. Les rookies de longue date semblant condamnés à demeurer d'éternels espoirs, il faut donc s'en remettre à des visages inconnus et à l'ascension fulgurante pour reprendre le flambeau. Voilà donc que, non content de se trouver sous les projecteurs à la surprise générale, Mims s'est emparé de la tête des charts, prouvant par la même occasion que New York sait encore vendre des disques, pour ceux qui en aurait douté.
Pourtant, tout n'est pas si rose pour la ville natale du Hip Hop, qui risque de peiner à reconnaître son rejeton avec cette sortie. En effet, en caracolant à la première place du Billboard, le nouveau venu a certes fait oublier une partie des ventes médiocres de ses collègues new yorkais, mais il n'a pas pour autant ramené le bon vieux Hip Hop à la maison. Contrairement à Joell Ortiz, qui mise sur un son rugueux et originel, Mims exploite le filon sudiste sans complexe, et renie intégralement l'héritage de son appartenance. Le single et tube « This is why I'm hot » ne trompera personne sur les intentions du rookie, et Jazze Pha (voire Lil'Jon) seront sans doute surpris de jeter une oreille aux beats impersonnels du staff Blackout. Ne vous y trompez donc pas : rien, ici, n'est de première main. « It's Alright », avec son sample de Ray Charles, semble avoir emprunté la caisse claire des Neptunes ou de Timbaland du début des années 2000, alors que les samples vocaux pitchés tombent comme des cheveux sur la soupe dans un ensemble résolument sautillant. Clin d'œil à Dre ou à Kanye sur « Where I belong », Mims ne cache pas qu'il s'inspire de tout et de tout le monde, tirant de fait un trait épais sur l'originalité et sur le prise de risque. Malgré la qualité honorable de l'ensemble, même les intentions sont grossières. « Without you » la joue suspension sentimentale l'espace d'une poignée de minutes, alors que « Superman » semble être le remake d'un vieux tube d'Atlanta. « They don't wanna play » avec Bun B et Seed confirme le fort penchant south du bonhomme jusque dans la caricature, puisqu'on n'échappe pas au refrain bateau du moment. Voix ralentie de rigueur, la nouveauté se fera une raison…
Sans grand intérêt musical, cette livraison de Mims devrait pourtant se faire une place au soleil pour la durée de la période estivale, et susciter une vague d'enthousiasme chez les auditeurs férus de sons formatés et faciles. Les titres se suivent, se ressemblent, et n'accrochent pas. Voilà qui pourrait résumer l'œuvre d'un rappeur plutôt doué techniquement, mais dont l'empreinte artistique demeure transparente sur cet opus trop impersonnel. La musique a sauvé Mims, pas sur pour autant que Mims ait pour objectif de le lui rendre. Loin de là.






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