Qui ne se rappelle pas des tubes "Tell Me" et "Slow Down" qui nous avaient incroyablement rafraîchis en l'été 2005? Ces deux morceaux superbement (produits par le duo Tim & Bob) avaient du jour au lendemain placé Bobby Valentino en tête de nombreux charts et lui avait donné une solide réputation. Deux ans se sont écoulés, et toujours pressé de confirmer leur ascension, les chanteurs se pressent -parfois trop vite - pour sortir leur second opus. C'est un peu le cas de Bobby V., et bien que le lover du collectif Disturbing Tha Peace a vu maintes et maintes fois la date de sortie de Special Occasion (DTP/ Island Def Jam/ Barclay) repoussé pour cause de piratage du net, cela ne lui aura pas vraiment réussi.
Découvert finalement ce mois de Mai 2007, l'album est attendu au tournant mais passe légèrement inaperçu dans les bacs, ceci dû à la rude concurrence avec les derniers albums de Joe, Musiq Soulchild ou encore Ne-Yo. Le premier single est nettement décevant, un "Turn The Page" molasson aux textes bien fades. La mélodie simpliste du ‘Darkchild', Rodney Jerkins, n'arrange rien et apporte un morceau qui sera vite, très vite oublié. Jusque là, on pouvait encore espérer quelques choses de bon pour le reste de l'album. Surtout avec le nom de Timbaland dès la première chanson, le monsieur tube du moment. "Anonymous" est le second single, la production est reconnaissable entre mille du style si déjanté et pétillant du producteur de Virginie, mais malgré cela, l'alchimie ne prend plus, lassée par les chants sans conviction de Bobby Valentino. Un morceau qui plaira à certains sur le coup grâce à son rythme entraînant, mais qui comme le précédent passera dans les oubliettes, sans rappel. Comme quoi on va encore le répéter, mais on a beau avoir les meilleurs artistes du moment ou des gros noms sur son album, le résultat n'est pas pour autant de qualité.
C'est un peu dur, mais l'écoute intégrale de Special Occasion est assez difficile à digérer. On tombe rapidement dans la facilité des balades sexys sans âme, on aurait presque l'impression à l'écoute de certains titres qu'il déclare sa flamme, rose à la main et genou à terre, histoire d'émouvoir ceux qui le prendront au sérieux. Même l'équipe Tim & Bob, qui s'occupe une nouvelle fois de la majorité de la production, semble avoir perdu cette magie des premières heures. Ludacris, qui semble être là par simple obligation, lâche une prestation minimale sur la deuxième production de Timbaland "Rearview (Ridin')", mais le morceau passe bien mieux comparé à l'ensemble. On notera tout de même quelques points satisfaisants, comme la bonne combinaison avec Fabolous sur "Let Him Go" (Prod. Dre & Vidal), ou cette tentative de réadapter le célèbre "Soon As I Get Home" du maître Babyface.
On est tout de même bien loin des mélodies originales et envoûtantes de ses tout premiers singles. Special Occasion aura du mal à séduire un grand nombre de personnes, même si quelques irréductibles fans se laisseront subjuguer par le charme d'infimes morceaux. Bobby Valentino décroche ici la palme de la plus grosse déception R&B de cette année 2007 pour le moment.






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