Les sorties R&B/Soul sont extrêmement nombreuses et globalement pulpeuses en qualité depuis le début de l‘année. Une année 2007 qui prévoit et voit surtout le retour en grande pompe de nombreux vétérans qui ont construit et consolidé ce style durant toute leur carrière. C'est le cas de Joe qu'on n'avait plus vu en solo depuis quatre ans et qui réapparaît soudainement avec son nouvel album, le sixième déjà, humblement nommé Ain't Nothin' Like Me (Jive/Sony BMG). Un opus prévu depuis quelques temps mais qui a subi comme beaucoup d'autres les retards permanents des labels. En l'occurrence ici, Jive Records, dont il est fidèle (par contrat bien sûr) depuis le début. Bien connu pour être le séducteur de ces dames, ce n'est pas à 34 ans qu'il compte changer de bord. D'autres passent leur vie à combattre certaines injustices, Joe lui préfère dévouer la sienne à parler de la gente féminine et des multiples relations qui peuvent exister entre ces deux êtres de sexe opposé.
Première surprise! On retrouve "Get To Know Me " feat Nas sur la tracklist finale. Morceau qui circule un peu partout depuis plus d'un an déjà, et qui reprend merveilleusement bien "You're Da Man" présent sur le Stillmatic de Mr. Nasir Jones. Une version remixée par le duo Tim & Bob, adouci par la chaleureuse voix de notre lover et où l'on a le droit pour l'occasion à deux nouveaux couplets du rappeur du Queensbridge. Le genre de combinaison Hip Hop/R&B qui fonctionne à tous les coups et qui persiste en efficacité malgré l'ancienneté. Un long silence radio qui ne l'a pas pour autant fait oublier à ses fans. Joe reste une référence dans le domaine des balades romantiques et sensuelles, et il le prouve une nouvelle fois sur ces quatorze roses tantôt épineuses, tantôt parfumées de bonheur. Des hauts et des bas dans certaines relations, c'est le graphique classique d'une instabilité qui perdure, et c'est ce climat qu'il raconte dans "Love Is Just A Game", samplant au passage le classique "I Do" des Boyz II Men.
Il reste donc le même et on ne ressent guère de réelle évolution artistiquement parlant. Et d'un côté ce n'est pas plus mal car on pointe souvent du doigt ceux qui ont changé ou revu leur style d'antan pour innover et être plus dans la tendance actuelle. Alors pour une fois qu'un artiste reste toujours dans la même lignée, on ne va pas non plus s'en plaindre. Surtout qu'il travaille quand même avec des artistes de la nouvelle génération; pour la production il a fait appel notamment aux Stargate sur "It's Me" et "If I Was Your Man" (qui n'est pas sans rappeler l'esprit de "So Sick" de Ne-Yo), aux ambianceurs Cool & Dre pour "Let's Just Do It" ou sur "Just Relax", qui reprend aisément un autre classique : "Electric Relaxation" des A Tribe Called Quest. On aurait préféré entendre une nouvelle version avec Q-Tip, on a revanche droit a un couplet plutôt banal de Dre qui devrait sortir son premier album cet été. Sont présents également Fabolous, Young Buck et Tony Yayo avec lequel il avait déjà travaillé pour le titre "Curious" , mais aussi Papoose qui vient mettre sa graine sur "Where You At".
Question sensualité, les textes de Joe en sont remplis. Et après avoir fait appel à R Kelly sur son précédent opus, c'est au tour du nouveau prodige de So So Def, Johnta Austin, de lui écrire des histoires excitantes et touchantes. "My Love", "Go Hard" et "Feel For You" sont ses œuvres, toutes des slow-dance, produites par le mélodieux et non moins talentueux Bryan-Michael Cox (également de l'écurie à Jermaine Dupri). A presque quinza ans de carrière, Joe nous prouve qu'il est encore possible de faire des balades romantiques et autres chansons d'amour sans pour autant avoir des morceaux fades et sans âme.






Les dernières chroniques

