Le ciel n'est pas toujours rose chez les Dipset. Depuis quelque temps déjà, la hiérarchie au sein des Diplomats semble avoir été revue ces derniers mois : Jim Capo (le PDG du label) est passé au statut de rappeur charismatique, Freekey Zeekey fraîchement sorti de prison tente de se retrouver sa place dans le quatuor de tête, Juelz Santana est devenu le top-seller, et Cam'Ron perd la face et sa place de leader à force de s'en prendre à des pointures comme Jay-Z et 50 Cent. Et donc lorsque les généraux Jim et Cam jouent aux Derpardieu/Pierre Richard du ghetto new-yorkais, la presse hip hop transforme les échos de ces querelles internes en un battage médiatique qui au lieu de faire la promo de leur dernière sortie, l'occulte presque totalement.
C'est dans ce contexte orageux que Duke Da God a pu difficilement se faire une place dans les bacs avec More Than Music vol. 2. D'autant plus que si les ténors ont préféré laisser courir des rumeurs de discordes relativisées par de la langue de bois, c'est bien parce qu'ils sont bien moins impliqués dans ce volume que sur le précédent : Jim Jones passe un « Anniversary » en compagnie de Max B, jamais bien loin de son mentor, Freekey Zeekey offre qu'un seul couplet de malade (sur « Feelin' Myself »), et Cam'Ron s'isole sur un seul morceau, et solo en plus, « Suga Duga ». Dommage pour lui parce que la track est plutôt pas mal, c'est presque une surprise. Seul Juelz Santana affirme plus sa présence notamment sur « More Than Music » et « Gladiators », son style a gagné en matûrité.
Mais n'allez pas croire que cette compilation se limite à des apparitions ponctuelles des Diplomats au milieu de quelques rappeurs d'arrière-plan des Dipset. À vrai dire, tout l'intérêt de ce second volet réside dans le sang neuf apporté par les jeunes espoirs aux couleurs pourpres. Certains nous sont déjà familiers, des habitués des featurings et des mixtapes, répondant aux noms de 40 Cal, Hell Rell et J.R. Writer. Et force est de constater leurs progrès à l'écoute d'un « The Corner » vraiment réussi, « The Gun Shop », et puis « Dipset City » parrainé par Jim Jones et Juelz. Dans ce trio d'harlémites sur la pente ascendante, 40 Cal se distingue particulièrement et va jusqu'à provoquer l'étonnement sur le soulful « Getting By ». Deux autres nouvelles têtes se font remarquer, Tom Gist et A-Mafia, dont vous pourrez juger de leur niveau avec « Show and Tell ».
Bien que dans sa globalité, la marque de fabrique des Dipset reste assez ancrée (à savoir des uptempos qui ressemblent vaguement de la trap music), ce More Than Music vol. 2 sort des sentiers battus des rues de Harlem et devrait plaire non plus seulement aux inconditionnels, mais aux derniers réfractaires.
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