Dressons les poils d'entrée de jeu : cette année 2007, Chamillionaire risque d'être l'homme fort du Dirty South. Alors que T.I. a entourloupé tout le monde en affirmant que son dernier disque était un classique, et que Lil Wayne se complaît dans son rôle de chouchou de la presse et des médias, Cham se place en redoutable challenger et vient s'interposer dans la course à la notoriété. Le rookie devenu valeur sûre - grâce au succès platine de The Sound of Revenge - va bientôt bouleverser la hiérarchie et les idées reçues, et sa Mixtape Messiah 3 (disponible gratuitement par téléchargement sur son site internet www.chamillionaire.com) porte ce présage inquiétant pour la concurrence.
Le concept de la mixtape reste classique au possible, et Chamillionaire a le chic de piocher dans les gros instrumentaux et tubes du moment. Jugez-en par vous-mêmes avec cette liste : « I Get Money » de 50 Cent, « Can't Tell Me Nothing » et « Stronger » de Kanye West, « Big Shit Poppin' » de T.I., « The People » de Common, « Speaker » de David Banner, et même « Renegade » de Jay-Z/Eminem, etc… Jusque-là, pas d'originalité à déplorer au niveau du principe. Mais lorsque Chamillionaire balance ses rimes qu'il mitraille avec son flow rapide et méticuleusement articulé, ça change tout et tout passe au niveau supérieur. Lorsqu'il assène par exemple « I'm the truest » sur « Failure Is Not An Option », en repassant littéralement le morceau de T.I., c'est limite un affront. Pareil pour « Nothin' But Lies », l'original de Kanye West est totalement revu et corrigé. Le traitement est identique pour la vingtaine de titres. Qualitativement parlant, Chamillionaire a progressé depuis son premier album, et son style de rap ne souffre plus d'aucune comparaison. En plus, il refait d'autres refrains en les reinterprétant lui-même, et il faut dire qu'il chante bien comparé à d'autres rappeurs qui poussent la chansonnette (Ja Rule et 50 Cent cela va de soi).
Pour faire simple, c'est comme si on écoutait un album rap tout neuf avec des grosses prods dessus, des bangers et morceaux streets, et où les temps morts se résument aux interludes et autres bavardages (Chamillionaire est une vraie pipelette dans ses outro). Cette mixtape nourrit grandement l'attente de la sortie imminente de Ultimate Victory prévu pour la rentrée et de l'autre côté, montre une détermination sans faille et une ambition grandissante affichée par le rappeur de Houston. Qui a dit présomptueux ?
(Pour la remarque, vous vous apercevrez que la photo de la pochette a été faite en France.)






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