Tout le monde espérait un retour des Fugees après leur tournée de 2004, mais cette parenthèse, qui n'aura duré que le temps d'une brève réconciliation n'a pas masqué le chant du cygne, celui d'un rêve voué à l'échec. Alors que Pras voit ses projets avortés (qui a entendu parler de Win, Lose or Draw ?) et une Lauryn Hill dont son aura n'a d'égal que sa folie égocentrique, Wyclef Jean paraît le seul vrai rescapé de cette mésaventure. Dix ans après ses débuts solos avec Carnival, le musicien haïtien sort le 2e volume, Memoirs of an Immigrant, un album haut en couleur, festif, très varié niveau participations et inspirations musicales, avec surtout une saveur exotique bienvenue.
Durant toute l'écoute de l'album, de l'introduction jusqu'aux trois morceaux bonus (dont le duo « Paris On Fire » avec Passi pour la version française), se distille un goût de voyage autour du monde, à travers tous les continents. En tout cas, ce fut l'impression récoltée après son concert privé auquel nous avions assisté en Septembre à l'Etoile, une présentation à la presse qui s'est transformée en super soirée, un défilé de musiques et de tendances très internationales. C'était l'occasion de faire un reportage exclusif (en cliquant sur le lien "Live report : Wyclef à l'Etoile") qui détaille une bonne partie de ce Carnival Vol. II, ses ambiances et son contenu, à quelques détails près (comme des changements de noms de chansons). Cette chronique est l'occasion idéale de discuter plus en détail de certains aspects de l'album ainsi que des autres morceaux, et surtout voir si le rendu sur CD véhicule ce même dynamisme.
Concernant la production, c'est Wyclef et son cousin Jerry 'Wonda' Duplessis qui réalisent l'entièreté de l'album, en compagnie de nombreux autres musiciens, tandis qu'à l'exécutif, T.I. et Jimmy 'Henchmen' Rosemond font la co-gestion de la direction artistique. Outre les ambiances carnavals, caribéennes, reggae/ragga/reggaeton, Wyclef s'oriente vers du ‘rock and folk', qu'il suggère sur des chansons ciblées par des personnalités correspondantes : Serj Tankian (des System of a Down) sur « The Riot », la douce Norah Jones avec la balade « Any Other Day », puis Paul Simon sur « Fast Car », où Wyclef y fait un clin d'œil très amical à Kanye West dans le premier couplet, en relatant son accident de voiture auquel il a survécu en 2003. En tout et pour tout, Clef ne comptabilise qu'un seul titre solo (« Heaven's In New-York »), pour un album gardant une souche Hip Hop Eastcoast, ce qui ne se ressent pas du tout dans le choix des invités plus cadré sur les têtes d'affiche du Dirty South (Lil Wayne, T.I. et Chamillionaire sur la bombe atomique « Hollywood Meets Bollywood »). Mais cette négligence en terme de MCs new-yorkais s'efface avec notre enthousiasme.
Pour finir l'album en beauté, Wyclef Jean nous a préparé un feu d'artifice final avec « Touch Your Button/ Carnival Jam », un morceau composé en trois parties : la première « Touch Your Button » avec Will.I.Am, une grosse tuerie dancefloor épicée servie par une ligne de basse vrombissante ; la seconde « Rouge et Bleue » pour les populations créoles ; la dernière partie du triptyque avec « Carnival Jam » pour entrer dans le défilé en direct de Rio. Pour donner le mot de la fin en reprenant les termes de Wyclef lors de son entretien pour Rap2K, Carnival vol. II : Memoirs of an Immigrant se veut un album populaire, joyeux et énergique, perpétuant les messages de Bob Marley et Alpha Blondy. A voir absolument sur scène lors de ses prochains passages en Europe !






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