Comme chaque année à la même période, VP Records nous propose de retrouver les plus gros tubes de l'année écoulée en matière de musique jamaïquaine. Confirmant la volonté de séparer les sonorités Roots/Reggae (Strictly The Best vol.38) et la mouvance Ragga/Dancehall (à travers ce volume 37, donc), la sortie de ces compilations évènements retrace la tendance musicale des derniers mois du côté de Kingston, et sur les ondes du monde entier. Emmené par le méga hit crossover « Whine Up » de Kat Deluna et du bondissant Elephant Man, la tracklist ne fait pas vraiment dans la dentelle ni dans l'originalité, misant sur le format actuel le plus performant du genre, entre surexploitation du vocoder et digitalisation à outrance des compositions.
Sean Paul réussit sans peine à placer son « Pick It Up & Drop It », l'un des hits de l'année dans les charts de son pays, alors que la nouvelle sensation Mavado apparaît à deux reprises, comme pour marquer une nouvelle donne après l'hégémonie d'Elephant Man et de Vybz Kartel sur les dernières éditions. Ce dernier n'est toutefois pas en reste puisqu'il glisse le meilleur morceau de l'ensemble avec le détonnant (sans être étonnant…) « Empire Army », véritable démonstration de puissance de son auteur. Bien qu'au cœur de tous les travers de cette musique, cette version du « Dark Again » Riddim dévaste tout sur son passage, et impose plus que jamais Vybz Kartel au centre du viseur. Son ennemi intime, Mavado, n'est pas en reste avec les solides « Touch The Road » et « Brown Bottle ». Busy Signal confirme son installation parmi les attractions des ondes avec son désormais incontournable « These are the days », dans une version malheureusement grossièrement censurée. Les stars de l'année se nomment également Collie Budz, avec son tube ensoleillé « Mamacita », ou encore l'étoile filante Munga pour le très explicite « Take my place » et le gigotant « Earthquake » (stéréotypé mais plutôt efficace).
Homogène, pour ne pas dire sans surprise, ce Strictly The Best 37ème du nom joue la carte d'un dancehall ultra tendance, dansant et rugueux à la fois, enrobé dans la forme mais toujours cru dans le fond. Les fans regretteront forcément l'avènement d'un standard facile (riddim rapide et refrain au vocoder) à travers les grosses ventes du genre, mais les novices trouveront ici une porte d'entrée sans heurt pour introduire l'univers Ragga/Dancehall. Tarrus Riley (avec « Protect Your Neck ») s'invite pour défendre d'autres valeurs, mais le passage à l'heure dancefloor est bel et bien à l'ordre du jour, comme en témoigne le contagieux « Back It Up » de Beenie Man.






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