Le titre honorifique de 'Queen of Hip Hop Soul' qui lui est décerné par une ribambelle d'artistes n'est pas anodin. Depuis qu'elle est rentrée dans la musique avec son premier album What's The 411? à l'âge de 21 ans, Mary J Blige n'a cessé de nous faire vibrer avec sa voix douce et puissante, sur fond de mélodies et de paroles continuellement attirantes. La jeune promise est devenue une référence et un modèle pour beaucoup de nouvelles chanteuses. Le vent n'a pas tourné, elle reste la même, mais les printemps qui ont défilé sous ses yeux lui ont apporté une certaine maturité la guidant vers une vision plus philosophique et plus sage de la vie. Alors que dans ce milieu on fonce droit devant soi sans jamais avoir le temps de prendre du recul, l'énorme succès dû à l'album The Breakthrough et les trois Grammy Awards qui vont avec lui auront justement permis d'avoir un moment pour regarder dans le rétroviseur de sa carrière, chose qu'elle a appliqué en sortant en 2006 son premier best-of Reflections (A Retrospective).
Growing Pains, qui est déjà son huitième projet, se veut différent de ses précédentes oeuvres, en partie dû à l'état d'esprit qu'elle a reflété durant sa conception. Non pas plus personnel, car MJB a toujours confessé musicalement des sujets profonds, mais sûrement plus épanouie, en nous délivrant des ondes pleine d'énergie. Les singles "Work That" et "Just Fine" confirment nos pensées : sous une touche funky, elle clame un message positif et d'espoir à ses auditeurs. Dans le premier elle invite les plus pessimistes et défaitistes à relativiser, à prendre confiance en soi pour en dégager le meilleur et le bien que l'on a chacun au fond de nous. Tandis que le deuxième, produit par Tricky Stewart et Jazze Pha, est un pur hommage à la vie, exprimant simplement le bonheur et le bien être qu'elle ressent lors de certaines journées. Toujours aussi sensuellement élégante, on a beaucoup de mal à résister au charme des balades que composent cet album. Une chose est sûre, c'est qu'elle sait très bien s'entourer pour en arriver la. Que ce soit côté featuring, production ou écriture, les artistes les plus en vogue de la scène R&B répondent tous présent à une invitation de Mary J Blige. Si "Grown Woman" voit une collaboration moins étincelante que prévu avec Ludacris, on est heureux de retrouver un Usher en forme sur "Shake Down". Le duo a tenu sa promesse et nous rappelle par la même occasion qu' Usher reviendra très prochainement avec son nouveau solo en 2008.
Dre & Vidal signent la langoureuse piste "Hurt Again" dans laquelle elle exprime ses peines et autres blessures. Dans les uptempos, "Till The Morning" frappe fort grâce à une sublimissime production neptunienne comme on les aime. Écrit par Pharrell Williams, on perçoit du début à la fin l'atmosphère et la touche du Skateboard P qui plane sur le morceau, au travers de ses percussions entraînantes ajoutés au rythme funky de celles-ci. Là où elle se distingue de ses collègues, c'est que lorsqu'on écoute une de ses chansons, on plonge complètement au coeur du sujet, à tel point qu'on est sensibilisé par ses histoires. La force de sa musique se fait dans l'expression de ses émotions et ceux-ci nous marquent fortement, chose que beaucoup ont remarqué depuis le classique "Be Without You" qui a fait résistance tout en haut des charts durant de longues semaines. Ici les coups de coeur iront notamment à l'émouvant "Stay Down" qu'elle a réalisé avec l'aide de Johnta Austin et de Bryan-Michael Cox, ou encore de "Roses" dans lequel elle nous redéfinit l'amour à sa façon. On prend les mêmes et on recommence pour "If You Love Me?", autre narration mélodieuse sur les relations d'un couple.
On distingue aussi, assez aisément d'ailleurs, l'influence et la patte d'un autre artiste r&b derrière certaines pistes. Je parle bien entendu de Ne-Yo qui a co-écrit ici à quatre reprise, sur "What love Is", "Fade Away" tous deux produits par... les Stargate bien sûr, mais aussi sur "Work In Progress (Growing Pains)" et "Smoke". Des morceaux qui, comme souvent avec Mary J Blige, ne tombent jamais dans le ridicule et deviennent gracieux lorsqu'ils sortent de sa bouche. L'allure apparenté à Cléopâtre sur la pochette n'est pas trompeuse, la classe se dégage aussi de son côté.






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