Mercredi 5 Mars, 15h, bureaux d'EMI-Virgin France.
Trois forumeurs de Rap2K et moi participions à la session d'écoute en avant-première de The Elephant in the Room, le nouvel album de Fat Joe. Notre contact de la maison Hostile Records (en charge de la promo des sorties Capitol US) nous accompagne dans la salle ‘Sticky Fingers' (comme le rappeur des Onyx ?), dans laquelle nous entrons nous asseoir autour de la grande table de réunion. Boissons fraîches, dossier de presse avec tracklisting et la discussion s'engage autour de son avant-dernier disque Me, Myself & I, qui n'avait pas convaincu notre petit comité. Bon album ou pas, faire du son Eastcoast avec des producteurs de Miami nous avait laissé sur notre faim. Avant d'entamer l'écoute, East.fo.cho (un ‘ancien' du forum) ne ménage pas son enthousiasme à propos de « 300 Brolic », dont le clip a été réalisé sans l'aval du label de Fat Joe apprend-on. Maintenant c'est parti pour nous tous dans la pièce de découvrir le huitième opus de cet éléphant du Hip-Hop new-yorkais.
« The Fugitive » réveille les enceintes avec cette production de Streetrunner. Un bon morceau d'introduction, comme toutes celles auxquelles nous a habitué le Don jusque-là, sans surprise donc convenons-nous à quatre. Seconde piste et changement de brutal de décor avec « You Ain't Sayin' Nothing ». L'instrumental s'inscrit dans une tendance dirty south style trap muzik à la T.I., avec un bon refrain de Dre qui se la joue à la Young Jeezy et « un couplet inutile de Plies » complète Crunkyboy. East constate en effet que le rookie sudiste est en retrait par rapport au reste du morceau. Concernant le titre et la vibe, la question est posée : serait-ce une sorte de réponse à Kanye West qui rappe « Can't Tell Me Nothing » ? Passage par le street-single « The Crackhouse », sur lequel Fat Joe refait la paire avec Lil Wayne au refrain à moitié chanté. Avec Danjahandz à la production de « Cocababy », il fallait s'attendre à gros banger. Notre impression a posteriori est dégrossie à cause d'un refrain féminin peu accrocheur, et le beat exotique était prévisible. Une appréhension a précédé « Get It For Life » (feat Poo Bear), celle d'entendre DJ Khaled scander son slogan « we the best » en début de track, et ça n'a pas manqué. Attention aux oreilles ! Pis on est loin de « Beat Novacane » sur All or Nothing… La suite est dispensable, « Drop » avec Swizz Beatz, est très moyen et n'a rien de sautillant. Deux titres successifs à zapper.
C'est assez surprenant de voir que le single « I Won't Tell » (feat J Holyday) est produit par Sean C & LV, surtout si on compare ce morceau crossover par rapport à leurs instrus pour American Gangster de Jay-Z et Big Doe Rehab de Ghostface Killah. Pour l'anecdote, Joey Crack avait pensé à inviter R Kelly mais le choix s'est finalement porté sur le chanteur du tube « Bed ». À partir de ce titre, The Elephant in the Room prend un tournant conséquent et migre vers la Big Apple avec « K.A.R. ». Le très lourd « 300 Brolic » arrive juste après, avec du grand Fat Joe, du gros son sur fond de musique classique produit une fois encore par le duo de Hitmen. JR, le 3e participant de la session, n'hésite pas à comparer l'instru à celui de « Black Republican » de Jay-Z et Nas. La présence de Scott Storch étonne (surtout depuis son silence radio à cause de son embrouille avec Timbaland), et la track qu'il réalise l'est tout autant. « Preacher On a Sunday Morning » (feat Poo Bear à nouveau) est très bonne, avec un sample de guitare utilisé à la manière d'un Just Blaze (on l'appelle pas le caméléon pour rien ici). Le finish est mémorable, avec cette collaboration 100% Bronx sur « My Conscience », KRS One jouant le rôle la voix ‘Hip Hop', bien que l'instru lâché par Alchemist soit des plus ordinaires. Enfin, cerise sur le gâteau, l'album s'achève sur une prod de DJ Premier à l'ancienne, avec « That White ». De quoi largement reconquérir son public.
Fin de l'écoute. Rewind sur « You Ain't Saying Nothing », « 300 Brolic » et « Preacher on a Sunday Morning ». Chacun termine par donner son avis sur l'album, et le constat global est plutôt positif, avec une première moitié aux tracks diverses et une seconde vraiment puissante, typiquement new-yorkaise. East discute du flow de Fat Joe, plus varié et dynamique qu'à l'accoutumée tandis que JR en vient à dire le rappeur « a remporté le dernier quart d'heure ». Tant pis pour ses détracteurs et ceux qui appréciaient l'ancien Fat Joe de l'époque du D.I.T.C.






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