Après 3 albums solos décevant (à savoir The Last Stand, The Grand Opening et The Medicine), Planet Asia, le MC originaire de Fresno et moitié du groupe Cali Agents (avec Rasco), sort en ce mois de Juin un 4ème album solo, Jewelry Box Sessions : The Album (qui fait suite à une mixtape sortie en 2005) sur son label Gold Chain Music, via la maison de disque RBC Records. Cet album est maintenant disponible dans nos bacs en France.
Au début, il faut avouer que tout le monde restait sur ses gardes, comme si l'on se doutait d'une énième déception. Après une intro rapide, vient 'Street Hop', qui nous met d'entrée une belle claque : le beat (produit par Jake One) correspond totalement au style de Medallions (l'un de ses pseudonymes). S'auto-congratulant à tout va, comme à la fin du deuxième couplet ("Killas don't die they just recruit your shorties/Only if the youth can absorb me/Cause none of them is dealing with the one, let's hit em with gems/Mac militant, I speak form the genuine cloth/The bigger the balls the bigger the boss"), le beat lui se caractérise par une simple boucle se répétant inlassablement, comme sur le tranchant 'F*ck You Up', track où Planet est accompagné de l'albinos Krondon du Strong Arm Steady, ou sur le moyen 'City Of Quartz'.
Parmi les bons moments de l'album, on pourra compter sur 'Master Builder', puisque l'instru (conçu par Madlib) se caractérise par la présence de congas (ces fameuses coquilles de tortue propre aux pays des Caraïbes), le MC adaptant parfaitement son flow de sorte à ce que l'on apprécie pleinement ce titre. On remarquera aussi l'apparition de l'underground king Bun B sur le titre 'Fly Boy', qui est, comme vous vous en douterez, complétement dans la veine South, ce qui n'empêche en rien de constater la qualité évidente de ce titre (titre sur lequel Planet sort probablement sa meilleure prestation de l'album) qui pourrait faire l'objet d'un 2ème single, le 1er single étant la tuerie 'Havin' Thangs', le dernier son de l'opus, composé d'une boucle de piano imparable.
Parmi les autres très bons titres de l'album, on pourra mentionner 'Hustler Anthems', 'Family Tree' (dans un style plutôt jazzy, à l'instar de 'Comin' Home'), 'Today's Mathematics', 'Take One For The Team' ainsi que 'Up In Smoke'. Par contre, quelques défauts viennent noircir le tableau comme 'G.O.D. In Flesh' et 'Game Goofy', dont les prods restent les moins bonnes de l'album (à défaut d'être originales, ce qui est le cas pour 'Game Goofy').
Côté producteurs, l'absence d'Evidence nous étonne puisque ce dernier avait quasi-entièrement produit The Medicine et avait invité Planet Asia sur son dernier album, The Weatherman LP. Beaucoup de producteurs méconnus (mais non sans talent) sont à l'origine des sons de cet opus : Architect, Dahoud Darien, Brisk One, Leggo, Veterano, The Fliptones, Quam Allah et Da Riffs, car bien que certains aient quelques 'faits d'armes' à leur actif (comme Jake One, cité plus haut ou Architect) d'autres sont complétement inconnus comme Veterano ou Leggo.
Ce LP met donc fin à une traversée du désert au niveau qualitatif, puisque la plupart des beats ont été judicieusement choisis, ce qui n'était pas le cas dans ces précédents albums. On a donc affaire à du solide, ce qui nous rassure quant à l'avenir du rappeur, si bien en solo qu'en groupe. Par contre, la présence de quelques pointures supplémentaires du Rap Game (aussi bien au niveau des featurings qu'au niveau des prods) ne serait pas de refus pour son prochain effort. Mais c'est rassurant de voir que Planet Asia tient enfin le bon bout.






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