"My man Jay Dee was a true hip hop artist [...] The Most Humble, modest, worthy and gifted beatmaker I've known" (Black Thought des The Roots, "Can't Stop This", Game Theory, 2006)
L'héritage de J Dilla, légende du Hip-Hop underground de Detroit à New York, en passant par Philly, Boston et même Los Angeles, n'est pas prêt de disparaître. Black Milk, son successeur annoncé et attendu, a pour le moins vecu une belle année 2007: un premier album solo (Popular Demand), ponctué par un bel accueil de la part du public et des critiques, des productions pour de grands noms tels que Pharoahe Monch ou Wildchild, mais aussi ses compères de D-Town, Phat Kat et Guilty Simpson et enfin en fin d'année un album/mixtape en commun avec Bishop Lamont, Caltroit, rencontrant un beau succès.
L'année 2008 s'annonce tout aussi radieuse pour lui, avec déja des apparitions sur les albums de Guilty Simpson et celui de Torae. Cet opus, qui, outre Black Milk, compte sur la presence d'un autre membre original des B.R Gunna (le troisième étant Young R.J), ne fait que confirmer que Detroit est bel et bien de retour sur la carte Hip-Hop, et que les héritiers de J Dilla ont les dents longues ! Black Milk assure ici une grande partie des refrains, mais pose aussi quelques couplets, lorsque le morceau ne compte pas d'invité.
"Flawless" nous offre une bonne entrée en matière, la patte de Black Milk au niveau du beat étant de plus en plus reconnaissable au fil des mois. "Lookout", quant a lui, en divisera plus d'un, étant l'un des meilleurs morceaux pour certains, le plus mauvais pour d'autres. "Bad Man", par contre, mettra tout le monde d'accord, son à mettre niveau maximum sur la chaine, effet garanti à tous les coups ! Un beat affuté, un refrain à tendance ragga plus qu'efficace, des couplets aiguisés de la part de Fat Ray, et un Guilty Simpson en guise de guest star qui assure, comme à son habitude, une performance à contre-courant de la production, avec son style nonchalant.
On navigue ensuite entre de gros morceaux tels que "Take Control", dont la production n'aurait en aucun cas fait tache dans Popular Demand, la bombe "Get Focus", ou on retrouve deux habitués des projets de Black Milk (et nous n'allons pas nous en plaindre), Phat Kat et Elzhi (membre des Slum Village), qui, encore une fois nous livrent des couplets efficaces, surtout dans le cas de Ronny Cash. Au rang des satisfactions, on retrouve également "Get Up", le tres bon "Ugly", et l'outro, digne des meilleures productions de Milk. Les terribles "Not U" (où les drums de Black Milk prennent toujours aux tripes) et "Nothing To Hide" complètent ce beau tableau. "When It Goes Down", quant à elle, semble faire tâche, tant ni la production, ni les performances des protagonistes ne sont à la hauteur.
L'un des seuls gros défauts de cet album est sa durée: à peine plus de 30 minutes, c'est la longueur d'un EP ! Il n'est donc pas étonnant de se repasser le CD une seconde fois apres l'écoute. Fat Ray, dont les limites MCinguement semblent être rapidement atteintes, sait être incisif avec les moyens du bord, même si on se rend compte du fossé qui le sépare de rappeurs au top techniquement (voir avec "Get Focus"). Un concentré donc de sonorités très "Detroitiennes", certaines plus froides que d'autres, qui font que cet album est accessible pour les fans du Hip-Hop de D-Town, mais aussi pour tout Hip-Hoper.
Black Milk confirme lui qu'un bel avenir l'attend, et celui ci devrait commencer tout de suite, avec Caltroit Metropolis, toujours avec Bishop Lamont, disponible d'ici peu, un nouvel album solo à venir cette année, une apparition sur le prochain album de Kidz In The Hall et divers projets qui restent encore a confirmer.
Pas de doute que James Dewitt Yancey peut dormir tranquille...






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