Attention, si vous êtes un fan exclusif de rap ou de r&b, passez votre chemin, afin d'anticiper des remarques du genre « ce n'est pas du rap, c'est de la m**** ». Sinon, les autres qui sont interessés par la bonne musique, il est conseillé de lire ceci:
Après le délire expérimental rap/rock/electro/pop d''In Search Of' et le live très bien orchestré en compagnie des Spymob, sort enfin (!) 'Fly Or Die', la suite très attendue.
Vu l'originalité du groupe qui est en fait l'ater-ego des The Neptunes (Justin Timberlake, Kelis, Jay-Z, Britney Spears,...) et Shay, il ne fallait pas s'attendre à une suite sans consistance ou prévisible, mais plutôt prévoir « l'in-entendu ». Bien vu (ou entendu, c'est selon), car cet album est aussi déroutant que le premier opus !
Ils ont pris les enseignements des précédentes expériences pour recréer une œuvre dans l'ère du temps et qui n'a rien de conventionnel. Les bases sont toujours hip hop, rassurez-vous. Mais cette fois, les sonorités sont plus une fusion pop/rock d'excellente facture avec des soupçons de funk, de new wave et de rap.
La musicalité est d'autant meilleure du fait que tous les instruments sont entièrement joués : Pharell à la batterie et piano, Chad à la basse/guitare et au clavier, et inversément… Fini les boîtes à rythme! Les sons n'ont aussi rien à voir avec les productions actuelles des Neptunes, mais rassurez-vous, les mélodies synthés, de guitare et aussi la voix de Pharell sont typiques de leur style unique et facilement reconnaissables entre mille, sans oublier leurs gimmicks particuliers.
D'ailleurs Shay et Pharell se sont beaucoup améliorés au niveau du chant : le premier chante plus juste alors que Mr Williams maîtrise au mieux son falsetto, digne d'un Curtis Mayfield. Un genre nouveau est-il définitivement né ? Si l'unanimité en décide, ça serait du hip hop progressif…
Le premier single "She Wants To Move" mettait la barre très haute avec ses très bons riffs de guitare et le pont joué au piano, le tout avec une légère consonance latino. "Don't Worry About It" commence là où les NERD nous avait laissés, un petit coup d'orgue et des basses puissantes, rappellant la version live tonitruante de "Lap Dance".
"Drill Sergeant" est directement inspiré des Beach Boys, du pur bonheur, alors que "The Way She Dance" est aussi une de ces autres chansons coup de cœur, puisant dans des groupes comme Genesis, Police,… Comme le dit le sigle N*E*R*D : « Nobody Ever Really Dies ». Et les messages sont clairs (" Aim on you/ The love of their buildings, destroy their soil/ Aim on you/Did you finally figure where to run that oil?" – Drill Sergeant), tout comme les premiers albums de Jamiroquai. Sans être du bête pop rock pour ado, "Trasher" et "Jump" sont des hymnes efficaces, ce dernier invitant les frères Madsen des Good Charlotte. A noter que les deux autres invités sont des musiciens de génie, à savoir ?uestlove et Lenny Kravitz sur "Maybe".
Ce qui surprend le plus le long de l'album, c'est la qualité irréprochable de chaque composition, avec des arrangements incroyables, des ponts très travaillés, des textes aussi transcendants et déments que sur 'In Search Of'. Et pour en rajouter encore, les ballades à la gratte sèche sont aussi à l'honneur comme le candide et très cool "Wonderful Place" ou encore "Breakout", très déroutante avec refrain nerveux.
Rien n'est à jeter dans 'Fly Or Die', Pharell, Chad et Shay sont au sommet de leur art et font un pied de nez à tout ceux qui disaient que leurs productions se ressemblent de trop. Ils prouvent encore une fois leur très grande ouverture musicale et leur capacité à faire des créations plus novatrices que jamais, même si certains diront qu'ils ne font que réinterpréter la musique à leur façon. Une insolence de petits intellos (‘nerds') qui a le mérite de bousculer la musique contemporaine. A classer entre OutKast, The Roots, Gorillaz et les White Stripes.
PS: trois chansons bonus sont cachées parmi les plages de l'album !






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