Premier artiste à être signé sur le label BeatClub de Timbaland, Bubba Sparxxx, l'ancien joueur de Superbowl devenu rappeur compte bien s'imposer sur la scène sudiste avec le successeur de 'Dark Days Bright Nights', 'Deliverance'. Tout le monde se souvient de son entrée hallucinante dans le monde du rap avec la bombe "Ugly", et son clip tout aussi déjanté, où l'on voit ce rappeur blanc atypique dans une porcherie.
Après avoir créé les prémices d'un genre unique qu'on pourrait qualifier de ‘country rap', Bubba, le MC campagnard le plus connu de la planète se délivre sur ce 2e album. Il se délivre de tous les clichés rap, tout le monde croyant qu'il était le rappeur d'un tube. Il brise les chaînes une bonne fois pour toute en démontrant lui aussi que les blancs (mis à part Eminem) savent rapper, et forge de mieux en mieux son identité musicale.
Les influences country et rock sont prédominantes. Timbaland en tant que producteur exécutif veille sur cet étrange personnage, laissant aussi les Organized Noise venir contribuer au projet. Les sonorités assez décalées sont de mises comme le coup de gratte ou violon dans un style assez Western ("Comin Around", "She Tried"), des beats millimétrés sur des samples rock ("My Tone"). Bubba Sparxxx laisse exprimer son canton particulier dans ses raps, tout comme le faisait Nelly sur 'Country Grammar', ventant un tantinet les coutumes locales, mais à la sauce ‘waneguen'.
Le crooner d'Atlanta Sleepy Brown est invité sur le très bon "Like It Or Not", dans un registre plus dirty south. "Warrant", précédé de son intro monstrueuse, mérite une écoute attentive, démonstration de l'élasticité du flow de Bubba et ses qualités d'écriture. Quand à "Jimmy Mathis" et "Back In Da Mudd", ce sont des hits aux tempos efficaces, destinés aux clubs.
Mais le gros morceau de l'album, c'est bien sûr le magnifique et mélancolique "Nowhere". Kylie Dean, dont la voix ressemble étrangement à celle d'Aaliyah, chante « I know what it's like to be nowhere », prenant directement au cœur comme si la jeune diva décédée prématurément communiquait avec nous d'outre-tombe. On en oublierait même la rythmique reprise de "Cry Me A River" tellement c'est troublant. Bubba Sparxxx quant à lui, malgré son timbre monotone, convainc lui aussi, comme quoi ce ne sont pas les prods de Timbaland qui font tout le travail.
Le virage du 2e album a été très bien négocié, Bubba prenant une très bonne trajectoire et définissant définitivement un nouveau genre local de rap sudiste. La contribution de Timbaland est forcément évidente mais celui se fait effacer sur chaque morceaux et créé des beats convenant parfaitement à son poulain. 'Deliverance' enfonce le clou, un classique du genre. New South represent !






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