Dead Prez, comme le diminutif de Dead President, un nom revendicateur pour ces graines de Public Enemy elévés à la soul music. M1 et Sticman, deux rappeurs militants, oeuvrant artistiquement pour la cause afro-américaine. Un premier album qui aura attiré l'oreille de certains, deux singles intéressants comme Hip Hop et Mind Sex. Pour créer un buzz autour de l'album, est sorti la mixtape officielle Turn Off The Radio – Get Free Or Die Tryin, en CD. A tel point que RBG est devenu l'un des albums les plus attendus de 2004.
Dernièrement, ils ont créé la surprise sur la BO de 2Fast 2Furious avec l'hymne Hell Yeah. Les puristes ont été désappointés. Le morceau n'est pas mauvais, un up tempo efficace avec un refrain fédérateur “yo ain't you hungry my nigga/you wann get paid my nigga/ain't you tired of starvin' my nigga//Hell yeah!”. Pour perpétuer le message, les DPZ n'ont pas hésité à faire appel au roi sortant Jay-Z pour le remix (en bonus); histoire de conquérir un plus large auditoire. A défaut de laisser Jay-Z leur piquer la vedette avec un couplet génial et un flow acrobatique incroyable.
Histoire aussi de décortiquer le titre, Revolutionnary But Gangsta, on s'attend à écouter un album dans la même veine que Let's Get Free mais avec une nuance gangsta. La curiosité prend le dessus, maintenant voyons ce qu'ils ont à dire.
Walk Like A Warrior prêche dans un militantisme nous laissant sur une impression de déjà-vu, ou plutot déjà-entendu, une sorte de “everyday struggle”. Les bruits de corbeaux dans l'instru rendent l'ambiance plus macabre, où les Dead Prez invitent les afro américains à faire entendre leurs voix.
Mais il est clair qu'à écoute des morceaux comme I Have A Dream Too, en référence à Martin Luther King bien sûr, et 50 In The Clip ont tout de morceaux gangsta au niveau de la démarche. Le combat pour la liberté devient armé. Le combat quotidien quand à lui est décrit sur un morceau r&b calibré (…) radio, W4.
Niveau production, globalement les accents tribaux afro se marient bien avec les up tempos et les basses posées. C'est du bon. Seulement les chansons sont peu nombreuses et durent trois minutes en moyenne
Le problème qu'il y a sur RBG, ce n'est pas cette tendance gangsta principalement mais le côté rébarbatif des discours pro-blacks, qui est moins original. Scander ‘Fuck the system' n'a plus grand chose de sensationnel ou provocateur. Ou encore ”Turn off the radio/Turn off that bullsh*t” (sur Radio Freq), assez paradoxal vu le formatage de l'album. Bref, verbalement, ils sont à la limite du politiquement correct et portent un message éducatif voire universel, mais un message plus proche de ceux des rappeurs dit conscients comme Common, Mos Def et Talib Kweli.
Avec RBG, les DPZ diviseront certainement le point de vue de leurs auditeurs. Se la jouer ‘gangsta' pour ‘pimper' le system est une démarche plutôt judicieuse en soi mais ça serait un peu comme prendre leur cause à revers, d'une certaine manière. Dommage car le message est toujours présent, malgré ce côté moins engagé et plus soft par rapport à leurs aînés Paris et Public Enemy.






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