Il y a toujours eu de L'Skadrille dans l'air et personne ne pourra dire le contraire... Pourtant, après dix ans de service rendu au hip-hop, le duo 13 Or/16 Ar n'a toujours pas le vent en poupe. La faute a qui ? Personne ne le sait. Et ce n'est pas faute d'avoir travaillé un style particulier et soigné une alchimie parfaite qui unit les deux artistes depuis leur rencontre (fin des années 90). Mais si commercialement, L'Skadrille n'a que trop rarement raflé la mise, ils ont toujours rameuté de fervents amateurs autour le leur oeuvres. On ne reste pas omniprésent dans le rap game pendant près de dix ans par un simple hasard et ils viennent le rappeler sur ce nouvel opus, Des Roses et Des Flingues.
Après des apparitions remarquées sur compilations (Néochrome Vol.1 et 2, Hostile 2000 Vol.1, Têtes brûlées Vol.1, Talents fâchés 2...), un parcours enviable et plus qu'honorable en duo (dont Nos Vies en 2006, leur premier opus qui s'écoula à plus de 50 000 ex) voici donc le deuxième opus... Entre violence brute et mélodies séduisantes (Deux Roses avec José), L'Skadrille nous offre une fois de plus une recette à laquelle ils obéissent depuis toujours, un mariage peu évident entre un rap undreground solide et ravageur et un hip-hop a l'accessibilité rare.
Au programme donc ? Du lourd comme à leur habitude. En témoignent les deux missiles skeud balancés avant l'entrée dans les bacs du projet final, 2 Flingues et de la Dynamite et Soldat universel. Mais lorsque l'on parle d'accessibilité, certains puristes voient rouge... Et les beats (excellents et au combien efficaces...), sélectionnés pour illustrer ces deux premiers morceaux ont pu faire croire que les deux tontons flingueurs allaient tabler sur du bien gras et délaisser la recherche de mélodies soignées et de textes profonds... Il n'en est rien ! Soldat universel bénéficie d'un rythme entêtant et frais qui fait logiquement hocher la tête, mais le texte au concept bien pensé porte à lui seul ce titre qui annonce d'emblée la couleur. Ça fume sous le crâne de ces deux artistes !
Oui, 13 Or et 16 Ar savent combiner punchlines et rimes hardcores, mais on se souvient de Un peuple, un but, une fois issu de leur premier album et c'est sur ce type de morceau que l'on remarque l'aisance des deux Mcs, que ce soit pour kiker ou déverser des rimes censées ! Sur Des Roses et Des Flingues, la claque nous arrive pleine face et par deux fois. On se prend une première rafale sur rien à faire. Une production magique signée Befa qui met en valeur la prestation du duo. Le titre parle de lui même. Le vide. Le manque de chose à faire au quotidien... même si c'est le lot de beaucoup de personnes sur notre planète... «Y a rien à faire d'autre que de jouer aux jeux vidéos, mater un DVD ou des émissions mythos, sans Dorothée les frères se font chier de plus en plus tôt... » ou pour prendre l'une des plus belles phases : « Y a rien a faire d'autre, on né on meurt, au milieu on consomme, le cul serré comme un Playmobil dans une boite de bons hommes... ». La seconde arrive sur le titre suivant, Deux Roses sur lequel intervient José et sa voix mélodieuse qui offre une dimension unique a ce morceau à l'ambiance mélancolique. Un beau moment au milieu des douilles qui jonchent l'album... À coup sûr le titre de l'opus a été pensé et réellement bien choisi. Car les bastos auront été également distribuées... (T'as joué au Con Vol.2 avec Intouchable et un excellent couplet de Dry, Coup de Fouet, Bicrave...)
Au final, un album complet, du fond, un martellement de beats furieux et une confirmation : on peut ne pas péter le score en vente et fournir un très bon projet ! À l'écoute, on ne sera définitivement sûr que d'une chose, il y aura toujours de L'Skadrille dans l'air, car nous sommes bien loin d'un album kleenex !
(Teddy)






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