Que savez-vous sur le Dirty South Master P et No Limit, Big Tymerz et les Ca$h Money Millionnaires, les OutKast, ou plus récemment Ludacris et les Disturbing Tha Peace, Lil Jon & The Eastside Boyz? Et le légendaire duo 8Ball & MJG? Chez certains, cette "perfect combination" ne sont que des rappeurs de featurings. Chez les plus connaisseurs, ce sont des vrais représentants du son crâde du sud, Memphis pour être exact, depuis plus de 10 ans. Maintenant signés sur Bad Boy South, le combo va enfin peut-être atteindre la consécration de platine tant méritée. L'intro commence... "To be or not to be? That's the question..."
Purement gangstas, adeptes du 'big pimpin', les deux rappeurs du Tennessee imposent le respect. Leur premier single "You Don't Want Drama", hymne crunk, surpuissant et épuré, ne fait pas dans la dentelle avec le refrain provocateur. Evitons de les tester, ils ne rigolent franchement pas. Sur la vidéo enchaînait aussi "Don't Make", aux sonorités hydro-électroniques, crachant des rimes meurtrières avec leur dentiers dorés.
Avec leurs débits de tueurs en série et les instrus bien bounces, leur expérience leur ont permis de parfaire leur style, certes pas nécessairement original, mais bien calibré. Ludacris en tant que représentant d'Atlanta a le toupet de se mesurer à eux sur "Shot Off". Les autres invités provenant de la tangente midwest/dirty south ne sont pas des moindres : TI et Twista sur "Look At The Grillz" produit par Lil Jon. Pour continuer de perpétuer leur réputation, rien de tel qu'un bon Straight "Cadillac Pimpin" ou un bien sobre "Gangsta."
Mais quand on signe un contrat chez Bad Boy, P Diddy se tape l'incruste sur presque tout l'album, puisqu'il en est le producteur exécutif. Pas étonnant de le voir dans les clips ou lâcher quelques gimmicks entre les rimes d'8Ball ou MJG. Encore ce n'est pas ça peut-être que l'on peut reprocher le plus, mais la "bad boy touch". N'allez pas tout de suite sortir vos croix et l'eau bénite, les instrus sont bons même si ce sont D Dot ou Stevie J Jordan qui s'y collent. Seulement il était inévitable d'avoir une touche r&b. "Trying To Get At You" avec le quartet d'ATL, les 112, suivi de "Baby Girl" avec P Diddy, n'échappent pas à la règle. Mais après tout, même les groupes les plus gangstas du moment se permettent ce genre d'écart (G Unit pour ne citer qu'eux). Dans un style plus nuancé, genre pseudo r&b sudiste, "Forever" est une bonne curiosité.
Néanmoins, le Bad Boy se rattrape sur "When It's On", une track bien "gangsta shit" dont le sample de piano assez cool rémués par des basses bien calmes rendent l'ambiance d'autant plus malsaine qu'une nuit dans les rue de Memphis. Un hommage aussi à leur ville natale avec "Memphis City Blues", car n'oublions pas aussi que le South est le berceau de la musique blues avant d'être du rap gangsta rap bounce trituré à coup de synthés. On apprécie bien aussi leur accent du sud si typique, ce qui d'ailleurs permet de leur donner à chacun un flow bien caractéristique, variant le débit avec aisance. Savoir par contre lequel a le meilleur flow, c'est une affaire de goût mais la voix d'8Ball nous rend plus attentif.
En résumé, un bon album de ces légendes vivantes. Explications : la qualité est très bonne, nos deux players 8Ball & MJG assurent comme à l'accoutumer, en plus d'avoir fait évoluer leurs flows. Cela serait facile de critiquer leur affiliation avec Bad Boy mais sans cet apport, leur album aurait peut être été moins plaisant à écouter, faute de moyens. Living Legends reste tout de même un événement majeur de cette année 2004 en ce qui concerne les sorties Dirty South.






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