Bouleversé par le retour tonitruant des UGK l'an passé, cet été sera cette fois-ci celui des Three Six Mafia qui reviennent avec un nouvel album ravageur. Un album des Triple 6 c'est l'équivalent d'un uppercut de Rocky Balboa dans le menton (dont ils avaient signé un morceau pour la BO du film), accompagné de quelques séances de sueurs froides alors que vous êtes dans un sauna, le tout pendant que vous vous êtes évadés spirituellement avec des gros blunts offert par la maison. Plus d'un an après avoir été annoncé "Last 2 Walk" voit enfin la lumière du jour. Il faut dire que depuis leur consécration aux Oscars de 2006 (meilleur chanson avec "It's Hard Out Here for a Pimp" extrait de la BO d'Hustle & Flow) DJ Paul et Juicy J sont sur le petit nuage. Une récompense historique pour un groupe de Black Music, et une victoire de plus pour le Hip Hop qui se distingue encore après la distinction reçue par Eminem en 2002. Désormais leur réputation est internationale, une frontière qu'ils avaient du mal a pénétré malgré un passé discographique chargé à bloc. Oui, mais voila, les années passent et les conflits ont semé pas mal de désordre au sein du crew. Des trois piliers il ne reste plus que DJ Paul et Juicy J; Lord Infamous et les deux semi-membres Gangsta Boo et Koopsta Knicca ont pris la tangente pour des mystérieuses histoires financières, tout comme Crunchy Black qui contre toute attente après le succès fulgurant a fui la formation pour une aventure solo.
Aucune tension ne semble visible pourtant, tout ça est resté très discret et finalement le duo peut encore compter sur le soutien de Project Pat, frère de Juicy J, qui reste fidèle au groupe. Présent à six reprises on l'entend sur des titres comme "Dirty Bitch", "Get Ya Rob", le dancefloor "Lolli Lolli (Pop That Body)", et l'anthologique "First 48" ou Spanish Fly, Al Kapone, Eightball & MJG se partagent ce titre dark. Affinité de longue date avec les Texans Bun B et le regretté Pimp C, on y découvre ce qui semble être les dernières collaborations vivantes de Chad "Pimp C" Buttler avec un magnifique "On Some Chrome" (reprise d'une ancienne track des UGK) dont la production mystique rappelle fortement l'univers des Bone Thugs. Normal me direz-vous, vu l'univers similaire parcouru par les deux groupes dont la rivalité faisait rage à leur début; la situation s'est depuis bien calmée. Pimp C est également au refrain de "I Got". Devenus mi-acteurs, les deux lascars perpétuent l'atmosphère lugubre et satanique d'une sélection historique de Memphis. Produit intégralement par le duo on a affaire a des bangers obscurs d'ampleur parfois titanesque tel "Playstation", "I Told 'Em ou d'autres boucheries aux refrains simples, mais qui secouent les cervelles, comme ces déflagrations du nom de "Click Bang", "Trap Boom", ou l'énorme Electro/Hip Hop "I'd Rather" featuring Unk qui fou une patate d'enfer. Si vous hésitez à savoir quel est votre tuerie préférée Juicy J lui a fait son choix et vous l'annonce avant de révéler son entraînant et ravageur "Weed, Blow, Pills".
Ah non! Exception particulière sur "That's Right" qui est produite par Akon et qui se charge bien sûr du refrain. Une bulle d'air dans un bain de sang qui calme les esprits tout comme cette collaboration avec Lyfe Jennings, "Hood Star" samplant "Color Her Sunshine" de Willie Hutch, qui allège la tension et qui se calibre pour les radios. Après un nombre considérable de morceaux scrupuleusement dévoilés sur internet, ils fallaient que les Three 6 Mafia face une nouvelle sélection de leur innombrable enregistrement pour composer ce dernier né. Le résultat est plutôt satisfaisant, certaines pistes bien transcendantes, d'autre moins percutantes mais le tout reste homogène et nous téléporte dans des balades d'une rare noirceur, "Rollin" Feat. Lil Wyte (dont l'album solo ne devrait pas tarder), ou dans des contrées inexplorées et surprenantes ("My Own Way" avec les rockeurs de Good Charlotte).






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