Dj Khaled ... Si ce nom ne vous dit rien, peut-être n'avez-vous pas suivi l'actualité rap depuis 2 ans ?
Pour peu qu'on aime un rappeur un tant soit peu exposé médiatiquement, celui-ci finit (ou finira) un jour ou l'autre sur un projet de Khaled, jugez plutôt en trois albums Khaled a réuni : Nas, Beanie Sigel, Jadakiss, Trick Daddy, The Game, T-Pain, Kanye West, les Bone Thugz N Harmony, Ja Rule et bien d'autres. Sur ce troisième volet intitulé « We Global » Khaled s'est entouré de ses acolytes habituels en particulier Rick Ross, les Runners et d'un petit nouveau, Ace Hood. Il semble loin le temps où le DJ du Terror Squad trainait uniquement avec Fat Joe. Désormais en deal avec Def Jam et véritable phénomène marketing, le DJ a grandi.
Chacun de ses albums, s'il suscite un effet immédiat, ne demeure que peu de temps sous les feux des projecteurs, ce disque ne dérogera pas à la règle. 13 pistes, c'est le total offert par Khaled pour cette nouvelle cuvée, il ne s'aventure que peu hors des sentiers qu'il a battus sur cet opus, notons la piste « I'm On » de par la présence de Nas, où Khaled pourrait presque être en guest tant il est présent au refrain, une piste pas dans le registre de Nas mais somme toute assez réussie. Un autre rappeur a le droit à son moment de gloire, son morceau solo en la personne de Game, sur l'entrainant « Red Light » sur une production soignée et assez vive Game délivre une prestation de qualité. Si Game était déjà présent sur le précédent opus du DJ, c'est en revanche la première apparition de Nas sur un disque de Khaled, toutefois, on peut s'interroger sur une possible opportunité prit par ces deux rappeurs pour figurer sur un disque à aspect compilation alors que leur album est dans les bacs depuis quelques semaines, n'est-ce pas une promotion intéressante ?
Hormis ces deux pistes, Khaled réunit ses artilleurs préférés. Les prestations s'enchainent et il faut le reconnaître se ressemble étrangement, quelques-uns se démarquent tout de même, en particulier le petit nouveau Ace Hood, fraîchement signé sur Def Jam et présent sur quatre tracks. Si sur l'entrainant single « Out Here Grindin' », il fait simplement acte de présence (sorte de We Takin Ova part 2), il impressionne littéralement sur l'introduction avec un couplet aussi court que rageur. On le retrouvera par la suite sur deux combinaisons 100 % sudistes « Blood Money » tout d'abord en compagnie de Brisco, Ricky Ross & Birdman pour un moment finalement anecdotiques, mais également sur « Final Warning » réunissant une partie impressionnante de la scène sudiste actuelle. Jugez plutôt : Bun B, Bloodraw, Bali, Shawty Lo, Brisco, R City et Lil Scrappy, pour une piste un peu fouillée, noyée par le nombre trop conséquent de protagonistes.
Finalement, c'est un disque assez conventionnel, tous les aspects étant réunis pour réaliser un disque 100% 2008, à l'image de la combinaison des Vocoder-boy Kanye West & T-Pain sur « Go Hard » l'appréciation de cette piste sera l'affaire de chacun, selon qu'on se soit ou non fait une allergie à ce phénomène consistant à modifier sa voix. D'autres sonorités sont particulièrement bien senties comme c'est le cas pour « She's Fine » réunissant Missy Elliot & Busta Rhymes, qui, bien qu'imprégné de l'ambiance de cette piste se fait indéniablement volé la vedette par le refrain de Sean Paul, dont les nouvelles s'étaient faites rares.
Si la légitimité de Khaled d'être à la tête de ces projets demeure toujours plus que douteuse, on ne peut que féliciter une nouvelle fois pour le casting proposé, c'est vrai ce n'est pas donné à tout le monde de réunir 30 acteurs majeurs (véridique) de la scène hip-hop actuelle, car à l'image des gimmicks limités de Khaled sur cet opus, l'utilité du projet est soumise à ces mêmes limites, comme on dit jamais 2 sans 3 ...
Alors un peu d'originalité pour la suite que diable Mr Khaled, avez-vous oublié les productions que vous étiez capable de faire ?






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