Le temps est passé depuis la premiere apparition de Memphis Bleek sur le morceau Coming Of Age de Jay-z sur Reasonable Doubt (album légendaire) en 1996. Bleek nous revient en toute fin 2003 pour nous lacher une petite bombe intitulé M.A.D.E, son 3e opus depuis 2000, jouant la carte de la maturité. Avec Roc A Fella Get Low Respect It comme entrée en la matière, Memphis Bleek décroche enfin un classique, son classique du moins. Sur un sample de trompettes, le texte one shot de Bleek met les points sur les i avec quelques phases bien senties : ''I don't gotta write bars you niggaz see my scars''. Le ''Okay, i'm reloaded'' qui lance le morceau n'est donc pas usurpé pour qui considère Brooklyn's Finest comme une référence.
Roc oblige, ''M.A.D.E.'' est bien moins introspectif que l'on aurait pu le penser. Malgré un Just Blaze aux commandes de la moitié des titres, ce nouvel LP brasse très large. On découvre avec plaisir quelques gros calibres comme Hypnotic qui est indéniablement LE morceau de l'album pour amateur de son underground. 1, 2 Y'all (déjà sorti en maxi) ou les très efficaces Just Blaze, Bleek and Free et We Ballin n'ont comme seule prétention de défoncer votre système auditif. Beaucoup plus grand public, Understand Me Still relativise son succès comme s'il ne l'assumait pas. Le discours n'est pas nouveau et appuyé de Rell (l'artiste r'nb du label), le refrain ''But you don't understand me still / I never enjoyed success, but my family will'' fait mouche.
Tout n'est pas beau non plus avec des essais divers comme My life très ennuyeux avec un flow chanté siropeux, I wanna love you et Do it all again qui ne dégagent pas grand chose. C'est d'autant plus dommage qu'à l'écoute de ces morceaux on soit tenter de skiper les pistes de ''M.A.D.E.''. Bien entendu, le disque comprend une foultitude de morceaux bounce plutôt réussis dans le genre mais comme d'habitude, réservés aux inconditionnels, Hell no, War, ROC sont de ceux-ci. Et puis maintenant, on sait que Jay-Z va se faire rare alors chacun de ses couplets se doit d'être mis en valeur. Ce n'est pas vraiment le cas sur Everything's a go qui sample ''Pieces'' que Alchemist avait déjà utilisé sur The Grimy Way de manière plus basique, mais vraiment plus efficace.
On rassure les inconditionnels, Hood muzik avec MOP produit par Darell ''Digga'' (Many men de 50 Cent, Dopeman de Jay-Z) est une petite bombe bien violente. Du même calibre, on se fait violence avec Murda Murda signé Scott Storch. Les petits roulements à voix rauques ne sont pas coupés à l'eau donc pas d'inquiétude quant à l'avenir du groupe chez Roc-a-Fella. Memphis Bleek redore un peu son blason avec cet album de 75 minutes qui souffre de quelques passages à vide. Et avec un classique comme Roc-a-Fella Get Low respect it, on n'en attendait pas tant... Ca serait presqu'une surprise au final !
Chronique de Jay-Z






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