Et bien il était temps ! Cela fait depuis le mois de Mars que cet album est repoussé… Depuis la défection de Loud, il fallait bien se plier aux demandes de Jive, leur nouvelle major d'adoption. Il faut dire qu'avec un contrat juteux de quelques millions de dollars, ça fait réfléchir. On s' attendait au pire, à cause de ces rumeurs de featurings très douteux : 50 Cent, Nelly etc… Infamy avait déjà passé la barrière du ‘crossover' en invitant des starlettes du r&b tels que 112 ou Lil Mo. Que vont-ils nous faire cette fois ?
Sans plus attendre, on appuie sur « lecture » et on va disséquer Amerikaz Nightmare. Le début commence bien, pas de doutes, c'est du Mobb Deep. On remarque déjà la présence de deux tubes maisons : le premier que l'on connaît déjà assez bien, Got It Twisted et le second, Dump (et pas Dumb) avec Nate Dogg. Autre détail très rassurant : pas de R Kelly, donc pas de r&b, ni de 50, ni de Nelly ! En revanche, on a droit à du Lil Jon (Real Gangstaz), un effet de mode sans doute, histoire de pondre un tube pseudo sudiste et d'allonger la durée de vie des ventes d'album. Une véritable honte !
Autre producteur incontournable : Kanye West. Encore une fois, une magnifique démonstration du talent et de la versatilité de Kanye, capable encore une fois de satisfaire le style propre aux Mobb Deep. Pas tout à fait, mais presque. Seul Alchemist parvient à pondre LE morceau de l'album : When You Hear The. Ligne de basse monstrueuse, sons angoissants, du très grand suspens : le pied. Une autre balle : Real Niggaz et son ambiance de film policier. Mais ceux qui ont douté jusqu'au bout ont raison : quelques tracks sont bonnes pour la déchetterie telles que We Up et Shorty Wop.
Jusque maintenant, nous n'avons toujours pas retrouvé l'atmosphère pesante et lourde des premiers albums des Mobb Deep. Surtout quand on repense à Infamous et Hell On Earth. Même au micro, Havoc, qui s'est tout de même amélioré, et Prodigy, dont ses capacités lyricales sont surestimées, échouent dans la mise en scène. Les sons millimétrés par Hav' et la clique de producteurs sont plus intéressants que les textes débités. Les deux rappeurs ne font que poser sur les instrus et le morceau est bouclé. Cela fait tout de même plus d'un an que certains morceaux ont été conçus, et ils n'ont pas été retouchés depuis !
Ce n'est pas le drame non plus, les Littles et Big Noyd (sur Get Me) sauvent la réputation du duo de QueensBridge. Amerikaz Nightmare contient une petite sélection de bons morceaux : One Of Ours pt 2 feat Jadakiss, On The Run, Win Or Lose… De quoi sauver la mise. Bref, l'attente d'une déception est belle et bien confirmée, mais ça aurait pu être pire. On sent que H et P ne sont pas vraiment impliqués dans cet album, et ont préféré miser sur un style plus mainstream dont on a eu un avant-goût sur Infamy. Les Mobb Deep ne sont définitivement plus ce qu'ils étaient.
Bon, ils ne sont pas tombés bien bas au points de faire des tubes pour les dancefloor style Bad Boy, et Amerikaz Nightmare a un niveau juste suffisant pour passer la moyenne. On se serait bien passé aussi du remix de Got It Twisted qui aurait plutôt fait un bon bonus track, plutôt que de compléter bêtement la tracklist. Encore un effet de mode. Les Mobb Deep se sont mis à genoux devant les règles très cruelles du rap game et ont vendu leurs âmes et leurs culs pour des grosses liasses. Un album dispensable, péjorativement commercial mais pas de mauvaise qualité. L'honneur est salit, mais sauf.
Chronique de Sagittarius.






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