Le diplomate repentit
Dipset Dipset what ? Le premier album solo du CEO des Diplomats, Jim ‘Capo' aka Jim Jones. Après le double album Diplomatic Immunity, le solo du poulain Juelz Santana et avant la sortie du nouveau Cam'Ron, ce qui tient de la surprise, débarque On My Way To Church. Curieusement, ce 1er solo de Jimmy n'est pas sorti sous l'égide de Diplomats/Roc A Fella mais le label indépendant du moment, Koch Records : c'est un autodidacte et il n'aimerai pas se savoir vassal du ROC. La deuxième raison de ce choix vient aussi des royalties triplés (le point fort de l'indé), rentabilisée par une base de fan du groupe de Dipset assez importante. Jim est avant tout un homme d'affaire : boss de son label, mise sur le marché de sa boisson alcoolisée (Sizzurp) dont il ne manque pas d'en faire la publicité.
On My Way To Church est partiellement produit par des producteurs maisons, style Heatmakers, Chad Hamilton, ressortant l'empreinte musicale typique des Diplomats, dont on a déjà eu idée avec From Me To U. On ne s'étonnera pas d'avoir de bonnes vois très bonnes productions, il faut le dire. C'est d'ailleurs sur celles-ci qu'on retrouve avec Jim Jones les deux autres diplomates, car Freekey Zeekey (en prison) est le grand absent de cet album. Il faut avouer que Jimmy a du style : un flow, irrégulier par moments certes, parfois off-beat, avec une voix qui va descrescendo sur certains passages. Côté lyrical, c'est passable. Petite liste des tracks concernées : This Is Jim Jones, Only One Way Up, Jamaican Joint, Shotgun Fire, Lovely Daze. Remarque : les couplets de Killa Cam sont très marrants à l'écoute et on se demande bien ce que ça veut dire quelques fois…
Certains regretteront la reprise de Certified Gangstas sans le passage de The Game. Par rapport à ses collègues, Jim se la joue très gangsta, thug (This Is Gangsta, When Thugz Die). Et des fois, ça se constate par de belles daubes (Let's Ride). Pour épicer un peu le tout, on ajoute quelques accents ‘west' (Livin A Life As A Rider), assez agréable sur le coup. Ce qui paraît par contre assez douteux, ce sont ces featurings sudistes (T.I. et Bun B sur le pourtant bon End Of The Road). Nous avions remarqué déjà sur Diplomatic Immunity la présence de Master P, mais il semblerait que cette tendance infecte la Eastcoast sur quelques points : Mobb Deep avec Nelly et les Bravehearts avec Lil Jon, Methodman et Ludacris… Passage Crunk Muzik inévitable, très bonnes track pour les clubs mais dispensable sur cet album. On continuera la polémique plus tard.
Jim Jones rattrappe le coup avec l'électronique Bend N Stretch, autre gros single potentiel. Et si le rappeur/CEO/alcoolo (oups) a été capable du pire, il peut être capable du meilleur. On le pardonnera grâce à son surperbe duo avec Bizzy Bone (Twin Towers). On My Way To Church touche principalement la clientèle fidèle aux Dipset et comblera leur satisfaction. Des morceaux pour tous les goûts aussi, ce qui ne plaira forcément pas à tout le monde, aussi bien musicalement qu'au niveau des principes. Pour comparer, cet album se situe en dessous de From Me To U du prometteur Juelz Santana. Jim Jones n'est pas le meilleur membre des Diplomats, mais s'en sort assez bien pour son premier essai.






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