C'est à l'occasion de la sortie de la mixtape Psychanalyse avant l'album (d'ores et déjà disponible et mixée par DJ Cut Killer) que Sopra' nous a offert un avant goût de son opus à venir. Le tout dans un hôtel de la capitale, et au lendemain d'un concert au Bataclan. Rien que pour vous.
Comment ça se passe entre vous sur scène ? On sent que vous vous éclatez… l'ambiance est vraiment familiale.
Des fois on est morts de rire le public ne doit pas comprendre. C'est vrai, on s'éclate bien. Lors d'un concert dernièrement j'était un peu fatigué avec la préparation de mon album, etc…Mais nous avons réussi a faire un bon truc et en plus (comme tu le dis) c'est la famille.
Parles-nous du titre de cette mixtape …
C'est par rapport au futur album. Le visuel me montre arrivant chez un psy. C'est dans ce cadre là que se "déroulera" mon album. Cette mixtape amène l'album. Nous avons repris le concept de la série Soprano (même si je ne me suis pas inspiré de ce personnage à la base). Tout concorde avec la mise en scène du psy (notamment le nom de mon groupe, mon pseudo...). J'ai toujours fait des morceaux comme « Une bouteille à la mère » ou « La colombe », pour la mixtape je me suis dit que j'allais mettre presque toutes mes apparitions sur CD, et que ça donnerait une sorte de psychanalyse.
Comment en es-tu arrivé à aller voir un psy ?
Je ne sais pas, je suis en train de préparer ça pour l'album ! Parfois mon manager, Mateo, me dit que je suis malade, qu'il me faudrait aller voir un psy (rires). Ca ne doit pas être évident de faire une analyse sur soi…
Moi je me remets tout le temps en question. Comme le dirait Médine, c'est un "combat contre soi-même". Je vais avoir l'air utopiste, mais je pense que pour changer le monde, il faut se changer d'abord. Et me remettre en question me permet de m'améliorer dans ce but.
On sent que tu es un mec qui garde la tête haute, tu positives tout le temps, tu dégages beaucoup d'émotion. Pourtant, tu n'hésites pas à laisser transparaître tes faiblesses...
En gros mois j'écris comme ça vient, mais je cache ça avec le sourire. J'écris comme je suis, je le dis dans "La colombe" : « tout ce qui me pousse à faire le barge sur scène ». J'ai remarqué qu'avec le succès, on donnait beaucoup d'énergie à certaines personnes.
Je suis quelqu'un qui rigole beaucoup mais je peux vite basculer dans le coté déprime. Genre quand je suis à table et que je vois à la télé un document sur la famine, ou les infos, je crie "stop !".
« On vit dans le flou et on s'étonne de toucher le fond »...
Je dis toujours à mon groupe qu'il ne faut pas se mentir, parce que si tu te mens tu t'enfonces avec pleins d'illusions. Moi je sui pas étonné de vivre dans le monde dans lequel on vit : tout le monde est égoïste, c'est la loi de la jungle. Chacun pour soi, on essaie de s'anesthésier avec du matériel etc… Moi je connais des gens qui sont super riches mais ils ne sont pas heureux. Il ne faut jamais se mentir, c'est important pour garder la tête haute même si ça fait mal. Ce matin j'écrivais un truc d'ailleurs dessus.
Jusqu'où va cette forme de paranoïa ?
Ma parano je la maquille grave, surtout avec le métier que je fais. J'essaie de tout faire pour la mettre de côté : quand je marche dans la rue et qu'il y a un mec qui me regarde, je me dis qu'il sait sans doute qui je suis et que c'est pour ça qu'il me regarde. Et puis je ne fume pas, je ne bois pas. Beaucoup cachent leurs problèmes avec ça. Pour moi c'est encore pire : j'affronte mes problèmes ! Et puis si je n'essayais pas de restreindre ma parano, ça nuirait à mon entourage, à mon boulot...
"Vas leur dire", c'est un morceau que tu as fait avec Larsen. Comment est né ce titre ?
Ce morceau est né bizarrement. On s'est dit qu'on aimerait bien faire un morceau ensemble. On a bossé sur l'instru, sur le thème et voilà... L'inspiration nous est venue, on est parti sur une histoire un peu catastrophe. Le concept, c'est qu'on se trouve dans un lieu, ça part en couille, les keufs nous veulent et ne voulant pas se rendre, on s'interroge sur le comportement à adopter...
« Je veux guérir comme Kery »
Le but de tout le monde, enfin en général, c'est d'évoluer. L'évolution c'est de se dire q'il faut avancer et q'il faut faire agir. On parle beaucoup mais il y a très peu d'actes. Même moi. Je respecte deux artistes à mort : Médine et Keny Arkana, par ce qu' ils n'en n'ont rien à foutre du rap…
Ils font du rap "pour de vrai", ils disent ce qu'ils font. Un jour j'étais avec Keny Arkana et Mino et je lui dis : "ton album déchire". Elle me dit "merci ça fait plaisir, mais il faut que je parte aux Mexique il y a un problème…" J'ai rarement vu des actes aussi humains. Moi quand je dis "il faut que je guérisse comme Kery", c'est qu'il faut arrêter de partir en couille, faire la prière, et se ranger avec espoir. J'aimerais bien être comme ça, par exemple il n'y a pas beaucoup de rappeur dans les manifs, pourtant beaucoup dénoncent juste pour la crédibilité. Les gens parlent de prison mais qu'ils aillent discuter avec un mec qui a fait 20 ans de prison. Il va lui dire va te faire ******. Quand Kery à fait Si c'était à faire , je me suis qu'il était vraiment courageux, parce que personne n'aurait osé faire un truc pareil.
Te sens tu malade psychologiquement ?
Il y a des trucs perso dans ma vie que les gens comprendront avec l'album. Mes contradictions m'agacent. Je veux sauver le monde, mais je contribue à son malheur. C'est utopique ce que je dis... Par exemple juste le fait de porter des Nike : on me les donne mes des fois je me dis : je vais les jeter je vais tout plaquer.
C'est un truc de fou. C'est ce que je combats. Heureusement que des gens me retiennent. « Ma souffrance c'est d'être humain ». Je crois que je vais le mettre dans un de mes textes. Dans l'intro de mon album je dis : "je voudrais te parler d'amour, au quotidien, mais l'homme s'aime d'un amour Israelopalestinien". Cela veut dire qu'on s'aime hypocritement, et comme tu as dit c'est une forme de maladie. C'est même pour ça que je dis comme Kery, je veux guérir. Mais attention je suis un être humain, desfois je vais chez le concessionnaire avec l'envie de m'acheter une super voiture. Et puis une fois sur place je prends une Clio. Ca fait aussi partie de mes contradictions !
Finalement il y a que la famille et le rap qui te soulagent…
Oui parce que pour me remettre sur terre je me dis que mes parents ont tout fait pour nous élever. Ils ont nettoyé les chiottes de tous les hôtels de Marseille, et je n'ai pas le droit de me morfondre. Ca me donne de la force, il faut un bon comportement. C'est indispensable si l'on souhaite avancer.
Le mot de la fin…?
Big up à Rap2K. Merci aux forumeurs qui postent mes lyrics ! Je ne sais même pas comment vous faites pour les trouver. Malheureusement, je n'ai pas de page Myspace. Donc je ne pourrai pas répondre à vos messages.
-Hamed-






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