Mercredi 10 Octobre, 21h, Nouveau Casino.
A l'intérieur de ce dôme en forme de mosaïques géométriques, la salle attend l'homme du soir, James Delleck. Précédé par Le Jouage alias Mr Machine et DJ Detect aux platines, le maître de cérémonie sort de sa "Chrysalide" pour son premier vrai concert. Cheveux en pétard, comme s'il avait mis ses doigts dans une prise 220V, pour sûr de l'énergie il en a à revendre sur scène ! De "Chaman" à l'électro-funky "Profil Psychologique", James arrive aisément à insuffler son Cri du Papillon. Même pour les morceaux durs, les chutes de "Le Réverbère" et "15 ans" captivent un public hétéroclite, avec bien sûr au premier rang tout son fan Klub. Entre quelques interludes comiques, James vient se déchaîner avec le "Titty Twister" et l'hilarant "Gérard de Roubaix".
Prévu pour durer 1h45, le concert a été rallongé de 30 minutes. Et pour cause, quelques drôles d'invidus sont venus troubler la fête : les mal-aimés Freddy K et CYANure, puis ensuite Gérart Baste des Svinkels est intervenu pour 'sauver le concert', et pis ce looser de Fuzati qui nous bien baisé ! Mais, attendez... 1, 2,... 7 ! Ils sont tous là pour la "Réunion Secrète" du Klub des 7 ! Après ce 'léger imprévu' bien manigancé, James Delleck nous achève avec le tonitruant "Ainsi Soit-Il", avant de terminer avec le remix dance de "Galactica". Wow, ébourriffant !
22h50, interview en backstage
Encore sur son nuage, je rejoinds James Delleck en backstage, en compagnie de ses camarades du Klub des 7, pour une petite interview à chaud.
Ton autocritique sur ta prestation de ce soir ?
Hum… fatigant ! Faut que je fasse du sport pour le souffle ! Hum…Tout s'est plutôt bien passé, on a rippé exactement là où je savais que j'allais ripper ! Et malgré tout j'espère que… on était tellement sincère dans notre truc que de toute façon, tout arrive à passer quand tu es sincère. A partir de ce moment-là, non je pense qu'on a mis la patate et que les morceaux ont pris une dimension sur scène, et ça même pour moi ça a été des fois une surprise de voir le retour du public, d'avoir les gens qui connaissent les refrains. C'est mon premier vrai solo quelque part, donc euh… ouais faut que je redescende un peu ! Parce que j'éclabousse trop avec mon bonheur.
Donc plutôt ému d'avoir pu donner vie à ton premier album ?
Ah ouais ! Là je suis…(silence éloquent) C'est une étape, il y a de l'émotivité qui ressort quoi. Tu vois, j'ai pas la voix qui tremble mais presque un peu. Tu m'as chopé en sortant de scène, c'était un truc de ouf. Des concerts j'en ai fait, des dates - je sais pas - je dois en avoir 150 derrière moi avec tous mes projets ; mais là c'est pas pareil. C'est quand même genre ‘whaow c'est mon album', cette signature que j'ai réussi à avoir au forceps (enfin je veux dire c'est pas simple en ce moment). C'est vraiment encore une fois que du…Putain, c'est de l'énergie super positive que les gens donnent quand ils sont devant toi ! Enfin voilà quoi c'est juste la magie de la fête. Je suis dedans là encore.
Tu as l'impression que ton public a évolué ?
Oui, le public, faut pas essayer de biaiser. Je suis un petit artisan. Là aujourd'hui tu vois à Paris j'appréhendais, parce que quand je vais à Metz, quand je vais à Reims, je saute dans le foule et je fais un slam jusqu'à la console et je reviens tu vois. Et à Paris, ça a un côté un peu snobinard, très parisien, qui fait qu'on a toujours un peu peur quand on fait une date ici. Et pis voilà bah c'est tout en fait, c'est juste que ça s'est hyper bien passé. C'est une super bonne surprise, une super bonne nouvelle pour moi.
Qu'est-ce que t'a apporté en plus cette signature sur Tôt ou Tard en plus d'un vrai public ?
Elle m'a pas apporté vraiment un véritable public. Parce que quand on a fait du « Gravité 0 », du Klub des 7 etc… c'était déjà des gens qui suivent tu vois. Et il se trouve qu'à mon avis, il y avait un tiers qui venait pour découvrir, et que j'espère ne pas avoir déçu. Mais pour le coup non, ce que ça m'a apporté, c'est une aisance dans la production, avoir le temps en studio, de travailler avec des musiciens comme Bumcello,.. C'est un peu la classe pour le petit gabarit que je suis.
Qu'est-ce que ça a changé dans ta façon de créer les morceaux ?
Si tu veux, ça n'a rien changé, c'était une envie qui venait de moi. C'est-à-dire que les tourneries électroniques, il y avait la prétention de savoir les faire. Donc le challenge, c'était de pouvoir apporter de l'acoustique, sans tomber dans une espèce de truc fusion que je déteste. Donc c'était d'amener des petites touches acoustiques, mais en redécoupant,... je pense que c'était un peu ça le challenge. Et en ayant des supers musiciens comme les mecs qui jouent avec – M – ou quoi, j'étais béni quoi, c'était évident, c'était facile. C'était vraiment du bonheur.
Comment pourrais-tu te classer ? Dans la scène hip hop français alternative ?
En fait l'étiquette je sais pas ce que ça veut dire ! Hip Hop alternatif ça n'a pas le même sens que rock alternatif. Moi c'est juste que ça fait 15 piges que je fais du Hip Hop, et que c'est une évolution qui a donné ce que je fais là maintenant tout de suite. Voilà ! Donc j'ai conscience aussi – je te la retourne pas dans la tête – que les gens ont besoin de mettre une étiquette aussi, c'est normal pour pouvoir identifier. À écouter c'est évident que je fais pas de la musique Rohff ou du 113 (je parle des gens que je connais), et en même temps, pourquoi pas ma couleur n'a-t-elle pas lieu d'exister dans cet espèce d'arc-en-ciel. Whoa ! Putain c'est beau, c'est de la poésie… il est quelle heure… Putain 23h moins 5… Ouais mais bon voilà je vois pas d'antinomie à ça, je vois pas de problèmes à ça. Je pense qu'il ne faut pas hésiter à faire notre musique, et tant qu'on la fait sincèrement, sans calcul, … La pire des choses, c'est pas de faire de la musique électronique, de faire du ckeuro,... la pire des choses, c'est juste avant de commencer un morceau, de se dire « qui est-ce que je vais toucher ? » et je vais parler de tecktonik parce que ça va être branché, et que je vais toucher tous les petits gamins. Ça ! C'est du travail de DA. Après, quelque soit le style, les influences, on s'en fout. La musique elle est bonne, elle est pas bonne, c'est tout.
Bonne réponse ! Et sinon comment expliques-tu la variété dans tes thèmes… ?
En un mot : 33 ans. Voilà. A 18 ans, t'as envie de rapper parce que t'es avec tes copains, t'es tout le temps avec eux et nanana. Voilà, 33 ans, c'est tout. Nota : à 33 ans, si tu ne rappes pas quelque chose de diversifié, tu es un enfant !
Tu as des projets en ce moment ? avec le Jouage, le Klub… ?
On va faire le Klub 2 ! Le premier Klub, sur disque… c'était juste un album. Mais sur scène ! Pour nous, ça a été une espèce de révélation. Les 30 dates qu'on a fait, c'était des dates de malades ! Je te dis, à chaque fois en concert, je slammais sur les gens, première fois de ma vie avec un micro, les gens qui te portent. C'est un truc de ouf ! Je rêve encore avec des yeux de gamins, et je trouve juste encore super beau. Donc du coup, ouais ça va être le projet.
Ton avis sur le virage un peu popo de TTC, Teki Latex… ?
Ah ! Mon avis ? Moi c'est mes potes de cœur, ça changera pas. Est-ce que l'album je l'écoute ? non. Mais je pense qu'ils n'écoutent pas le mien non plus. Ils ont pris une direction, ils ont voulu rajeunir leur public - j'ai envie de dire – je crois qu'ils ont gagné, ils l'ont rajeunit.
Bon tu as de la chance, je vais pas te retenir plus longtemps. Donc le dernier mot…
Le mot de la fin ? C'est toujours le même : clafouti. (rires)
Merci à Amélie Mousset pour le rencard et à Mano pour les idées de questions !






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