
Date de sortie: Septembre 1998
Label: La Face
"Even the sun goes down, heroes eventually die/
Horoscopes often lie and sometimes 'y'/
Nohting is for sure, nothing is for certain/
But until they close the curtain, it's him & I, Aquemini"
3e disque des OutKast, 3e classique du duo d'Atlanta Big Boi & Andre3000, au coude à coude avec son prédecesseur 'ATLiens'. Tous deux 21 ans seulement et déjà entrés définitivement dans les légendes du rap, que celà plaise ou non. 'Aquemini' suit l'évolution logique du groupe : hors norme, anti conformiste, excentrique, musicalement expérimental, intemporel... bref extra-ordinaire. Une alchimie parfaite qui continue encore et encore de repousser les limites, montrant encore plus l'étendu des leurs possibilités. Les invités sont tout aussi exceptionnels: Raekwon, Erykah Badu, les quatre Goodie Mob et Mr 'P Funk' alias George Clinton. A la production: Organized Noise, Mr DJ et les OutKast-themselves.
"Ha ha, hush dat fuss/
Everybody move to the back of the bus/
Do you wanna bump and slump with us/
We the type of people that make the club get crunk"
Un refrain qui a frolé la controverse, "Rosa Parks" est le titre qui a fait beaucoup couler d'encre. Notamment à cause de l'histoire de cette femme noire qui n'a pas voulu céder sa place de bus, une véritable polémique à l'époque et qui a refait surface sur ce délire à prendre au 3e degré. Pas de quoi fouetter un chat, juste assez pour faire bouger les fesses et danser. Cependant l'affaire traine toujours en justice, le morceau quand à lui n'a pas pris une seule ride grace à un coup de guitare très attracteur.
"I gotta 9 in the back, ounce in my crouch/
Diggin the scene with that gangster slouch/ mmh mmh..."
C'est le morceau solo de Big Boi le playa, "West Savannah": Un flow plus précis, rapide et asymétrique et des lyrics assez fantastiques. L'air ressemble un peu celui de "Git Up Git Out" sur 'Southernplayalisticadillacmuzik' mais c'est largement excusable.
L'essence des OutKast, c'est le funk. Il était donc naturel de voir George Clinton, le roi de la funk californienne, ce qui est un véritable honneur. "Synthesizer" est un morceau très atypique où les envolées electroniques et la voix déraillée du chanteur entourent les raps d'Andre3000 et Big Boi. Les expériences réussies sont signes d'immenses progrès.
"It's like that now/
You better gone get the bump up out ya back now/
It's all about 4 or 5 cats in the 'Lac now/
We just shoot game in the form of story raps now/
It's like that now"
Une des plus grandes prouesses des OutKast, du véritable génie textuel où le rap est vue comme une femme (Suzie) et raconté à la manière d'une histoire. Bref le refrain de "Da Art Of Storytellin pt 1" explique tout. On reste encore ému par la présence du maitre en la matière Slick Rick sur le remix. La suite sur la "part 2" compense allegrement l'absence de ce remix incroyable, Andre3000 au porte voix et une boucle de piano faisant plus la différence.
Impossible d'échapper aux autres titres quasiment tous incontournables ("Slump", "Mamacita"...). En particulier "Liberation", où nos deux OutKast commencent à s'essayer au chant, en compagnie de Cee Lo et la reine nu-soul Erykah Badu, sans oublier le poète du spoken word Big Rube. L'atmosphère est transcendante à souhait à tel point qu'on ne voit pas les 8min passer... "SpottieOttieDopaliscious" avec ses versets parlés et sa musique ultra sexy et funkédélique fait partie aussi des immanquables OutKast. Ambiance très freak, autant que "Funkyride" sur leur premier album.
Vous attendez quoi le (re)écouter?