
C'est sans doute l'opus qu'on attendait le plus au tournant en ce début d'année 2005, car depuis ses nombreuses collaborations remarquées sur diverses compiles, mixtapes, et ses deux maxis (surtout le prometteur street CD « En Attendant l'album »), la pression augmentait sur les épaules de Sinik en vue de la sortie de son premier album « La Main Sur Le Cœur », titre explicite qui nous laisse penser que celui sera très personnel.
Après écoute de l'album, un peu déçu, on a comme une impression d'être tourné en rond avec les thèmes que Sinik exploite dans ses chansons. Bien sûr les sujets traités sont le reflet de son vécu, de son environnement mais certains l'on déjà mieux fait. Son flow hargneux, puissant en convaincront plus d'un mais ne suffiront pas à satisfaire les plus attentifs qui ne l'écouteront que d'une oreille : ses lyrics semblent bien pauvres en originalité ne parlant que principalement de prison, de drogue et autres embrouilles en tout genre. Quelques faiblesses niveau punchline aussi, ce qui renforce habituellement la puissance des rimes des rappeurs.
Néanmoins ce cd vaut le coup bien évidemment d'être entendu pour certaines chansons et surtout pour la puissance de son flow; pour le bon morceau du début de l'album où Sinik raconte en quelques sortes sont parcours d'enfance jusqu'à l'arrivée de la conception de cet opus; pour le morceau "Règlement extérieur" où il délivre selon lui les lois de la rue; « 2 Victimes, 1 Coupable » produit par Skread, une sorte de « Manhattan, Kaboul » version rap où l'ex-membre d'Ulteam Atom se met ainsi de suite dans la peau d'un New-Yorkais victime du 11 septembre, d'un jeune de Kaboul subissant les bombardements américains et enfin dans la peau du coupable George Bush. Et d'autres encore à découvrir par vous-même.
Sinon autres bons morceaux, l'histoire contée dans « D.3.32 » puis le morceau avec « Le même sang » semble s'écouter d'une traite, car après raconter son séjour en prison et cet univers carcéral, s'ensuit les explications à la sortie avec sa 'sœur' qui essaie de le raisonner, de le convaincre d'arrêter les conneries - laissant au passage une bonne performance de Diam's.
Côté productions, Sinik s'est bien entouré avec entre autres Banque de Sons, Skread, SR Prod, Zoxea, que l'on retrouve également en featuring sur « Pardonnez-moi ». Même si les mélodies exploitées se ressemblent à cause des nombreux samples de piano, elles nous plongent tous dans une même ambiance sombre et froide de son album.
A noter qu'en bonus tracks au retrouve deux morceaux déjà présent sur son street CD, à savoir « Dis leur de ma part » et le sulfureux « L'Assassin ».
Au final ce cd partagera les avis mais ne fera sûrement pas l'unanimité.